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Mali: Paludisme - Lutter contre les erreurs de diagnostics


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UN Integrated Regional Information Networks

2 Mai 2008
Publié sur le web le 2 Mai 2008

Bamako

Au Mali, selon les experts de la santé, la majorité des cas de paludisme n'en sont pas ; du fait de ces mauvais diagnostics, il se crée une résistance aux médicaments antipaludiques, et les maladies dont sont véritablement atteints les patients ne sont pas traitées.

« Au Mali, quand les gens sont malades, le médecin leur dit généralement qu'ils ont attrapé le paludisme, qu'ils se soient fait dépister ou non », a expliqué Fatou Faye, chercheuse et formatrice en maladies contagieuses au centre Charles Mérieux, un laboratoire médical privé de Bamako.

« Les patients achètent alors leurs médicaments anti-paludiques dans la rue et développent une résistance aux traitements ».

Cela signifie, selon les recherches menées par le docteur Imelda Bates dans le cadre du Projet de connaissance sur le paludisme (Malaria Knowledge Project - MKP) de la Liverpool University School of Tropical Medicine, que les patients passent à côté d'autres causes de maladies qui génèrent également de la fièvre, telles que la pneumonie ou la méningite. Et cela peut aggraver l'état des malades, voire entraîner la mort.

Cela se répercute également sur la productivité économique. Les erreurs de diagnostiques peuvent en effet aggraver la pauvreté des populations : non seulement les patients restent malades pendant des périodes prolongées, mais ils gaspillent également leurs économies pour s'acheter les mauvais médicaments.

Le paludisme est la maladie la plus courante chez les enfants maliens de moins de cinq ans, selon George Dakono, coordinateur du projet national de lutte contre le paludisme.

Un « nombre choquant » d'erreurs de diagnostics

L'écart entre les cas réels et les cas supposés a atteint un niveau « choquant » dans toute l'Afrique, à en croire le MKP.

Au Mali, le paludisme est diagnostiqué à l'aide d'un équipement onéreux. Or, la plupart des centres de santé, en particulier dans les régions rurales, n'ont pas les moyens de se l'offrir, ou n'ont pas le personnel qualifié nécessaire pour le faire fonctionner, selon Michel Van Herp, un épidémiologiste de l'organisation non-gouvernementale Médecins sans frontières (MSF) Belgique.

Dès lors, la plupart des médecins « font des suppositions, fondées sur des soupçons », a-t-il expliqué, ce qui donne lieu à un traitement excessif des cas de paludisme.

En outre, selon M. Dakono et Mme Faye, la plupart des personnes qui souffrent de fièvre au Mali ne se rendent pas du tout dans les centres de santé, soit parce qu'elles vivent trop loin, soit parce qu'elles ne veulent pas payer jusque 0,95 dollar la consultation. Au lieu de cela, elles posent leur propre diagnostic et se soignent elles-mêmes.

Ainsi, chez les enfants, jusque 70 pour cent des cas de maladies fiévreuses sont diagnostiqués et traités au domicile du malade, selon le MKP.

Photo: Nicholas Reader/IRIN

Une fillette atteinte de paludisme, et traitée dans un centre de santé public, financé par MSF

Les laboratoires, l'étalon-or

Le Mali a besoin de laboratoires plus nombreux et mieux équipés pour lutter contre les mauvais diagnostics de masse, selon Mme Faye.

En effet, pour Valentina Buj, responsable de projet sanitaire à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), « le frottis sanguin en laboratoire est l'étalon-or en matière de diagnostic du paludisme ».

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Mais la majorité des 82 laboratoires publics du pays n'ont ni les équipements ni les techniciens qualifiés qu'il faut pour diagnostiquer le paludisme, a déclaré Mme Faye à IRIN.

La Fondation Charles Mérieux a ouvert un laboratoire à Bamako pour diagnostiquer le paludisme ainsi que d'autres maladies contagieuses, pour former les techniciens des centres de santé du pays à utiliser l'équipement diagnostique et à diriger un laboratoire, et, grâce à une aide financière accordée par l'Union européenne, pour équiper les laboratoires du pays.

L'objectif est de reproduire les normes appliquées dans les laboratoires français. « Nous voulons faire en sorte qu'ils puissent diagnostiquer eux-mêmes correctement la majorité des maladies sur lesquelles ils tombent », a indiqué Mme Faye.

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