Abdelkrim Mouhoub
2 Mai 2008
Des chants d'Ouled Amrane dédiés à la femme rurale
La première édition du festival national d'"Al Maya" est organisée sous le thème: "Hymne à la femme rurale", du 30 avril au 04 mai 2008, à Ouled Amrane, dans la région des Doukkala.
Née de la volonté de plusieurs partenaires, cette manifestation dédiée à la femme rurale marocaine vient à point nommé pour mettre en valeur et promouvoir le patrimoine culturel dans la province des Doukkala, et la musique ancestrale de la région communément connue par "Al Aamraniat", Lâabat", "Al Aouniat", favoriser les échanges interculturels entre les artistes locaux et étrangers, promouvoir les atouts du tourisme culturel local et national et créer un événement artistique authentique haut de gamme.
Viennent participer à ce moussem, les Haddarat de Marrakech, Bnat Al Ghiouane, les Houariat, Haddarat Chaouen, Laabat Marrakech, Dqaïqiat Marrakech, Ouled Al Bouaazzaoui entre autres. Les chants rythmés de la poudre des sorbas parmi lesquelles une âalfa (troupe) au féminin dont le Aallam (le chef) n'est que Khadija, cette lycéenne au tronc commun sciences expérimentales d'El Ghazali à Sidi Bennour.
On aura également droit aux jeux traditionnels des enfants et des jeunes, garçons et filles, des parties de chasse au faucon, au sloughi.
Un festival riche comme Warar et ses "Al Maya" ou " Chants de femmes" se caractérise par son originalité du fait qu'il s'agit de l'un des premiers festivals musicaux au Maroc à être consacré entièrement à la femme. Une occasion aussi de célébrer les mémorables acquis de la femme marocaine dans sa lutte pour l'égalité et le recouvrement de ses droits universellement reconnus, soulignent les organisateurs.
Des tables rondes autour de "Histoire te patrimoine culturel des Doukkala", "La culture, locomotive du développement". Pourquoi ce festival? C'est tout simplement la femme rurale qui sait se souvenir, exprimer cette angoisse quand l'homme, "son destin", est en voyage , au travail, aux prises avec l'ennemi..., nous déclare Driss Al Mourabit, porte-parole du festival et spécialiste en matière de patrimoine culturel régional. Ce sont ces femmes qui se chargent de l'animation durant ces festivités puisque ce sont elles qui animaient autrefois les fêtes familiales telles que les mariages, les baptêmes, les circoncision, et le faire malgré.
L'idée que véhicule cette manifestation s'inspire de l'Initiative Nationale du Développement Humain (INDH). La réhabilitation du patrimoine musical, sachant que la musique constitue sans contexte un langage universel, semble aujourd'hui, un devoir de tout un chacun d'autant plus que le phénomène de la globalisation est là et"nous devons nous reconnaître pour que nous soyons connus et reconnus", soulignent les organisateurs.
"Ce festival ouvrira pour nous d'autres horizons: nous entendons, dès la seconde édition, donner à ce festival une dimension internationale, en faisant participer des chants de femmes venues descampagnes d'autres pays. Nous pourrons à partir de l'année prochaine, apprécier les fados portugais, les sérénades andalouses, les chorales basques ou corses, les Bretonnes en bigoudens...", assure M.Aboulkacem Chebri, directeur du Centre du Patrimoine maroco-portugais.
Pour ce qui est des retombées économiques et culturelles, ce festival, une fois médiatisé et, partant, sans aucun doute ouvre la voie aux investisseurs locaux, nationaux et internationaux.
Cette manifestation est initiée par la province d'El Jadida, en collaboration avec l'Association provinciale des Affaires culturelles, la délégation provinciale du ministère de la culture de la région Doukkala-Abda et le centre des Etudes et de la Recherche sur l'histoire commune maroco-lusitanienne.
Le coup d'envoi des festivités de cette première édition du festival "Al Maya", a été donné par le gouverneur de la Province d'El Jadida, accompagné de l'inspecteur général du ministère de la Culture.
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