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Maroc: Ouarzazate contre la cherté de la vie


Libération (Casablanca)
 

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Libération (Casablanca)

2 Mai 2008
Publié sur le web le 2 Mai 2008

Nouri Zyad

On l'appelle une fête. Et pourtant, elle n'en est pas une. Le 1er Mai est surtout un jour où plusieurs catégories de gens situés au bas de l'échelle de la société extériorisent leur amertume, et manifestent leurs préoccupations, souffrances et douleurs.

C'est le cas de Ouarzazate où la journée du 1er Mai a été célébrée sous le signe de l'union de tous les travailleurs dépourvus des conditions d'une vie digne de l'être humain au 21ème siècle. Des travailleurs dans les secteurs de maçonnerie, artisanat, agriculture, des salariés de l'Entraide nationale, des ouvriers des mines avoisinantes, démarqués par leurs casques jaunes, des enseignants ainsi que la catégorie des SANS qui s'agrandit de plus en plus. Sans travail, sans emploi fixe, sans SMIG, sans droits, sans porte-parole et sans avenir. Les slogans scandés par plus d'un millier de manifestants, tout au long du défilé, ont porté sur la cherté de la vie et la faiblesse des propositions du gouvernement qui restent, selon les manifestants, en deçà des attentes de la classe laborieuse.

Mais, de temps en temps, les manifestants revenaient à la charge pour compatir et se solidariser avec les familles des victimes du regrettable incendie survenu à Lissasfa et appeler à une enquête sérieuse pour en punir les responsables. Plusieurs femmes brandissaient, par ailleurs, des banderoles portant sur les revendications essentielles de la majorité des Marocains : huile, lait, pain, sucre. « Pour venir à bout de cette situation, le SMIG doit au moins atteindre le seuil minimal de 3 000 dh, et il faut l'appliquer à tous les secteurs, car, un bon nombre de secteurs, même ceux relevant de l'administration, n'appliquent pas le SMIG», explique Houcine, un syndicaliste affilié à la CDT. Parmi ceux-là, il y a la catégorie des hôteliers qui étaient cette année fortement représentés au défilé. Femmes et hommes dénoncent par des slogans une situation qui frise la pire exploitation. «Nous travaillons autant d'heures que l'exige le patron, il n'y a pas d'horaire fixe. Et tout le monde connaît le sort de ceux qui osent protester ou qui y pensent seulement », déclare Rachida, une femme de ménage dans l'un des établissements hôteliers de la ville. La formule du contrat établi sur la base des six mois renouvelables, appliquée par le patronat en matière de recrutement est une garantie qu'aucune poursuite judiciaire n'aboutira, puisque certains contrats comportent des conditions contraignantes et dûment signées par les nouvelles recrues en quête d'opportunité de travail.

Dans ce cadre, les femmes sont les plus exploitées. « Le gouvernement nous parle de la hausse du SMIG, c'est bien, mais encore faut-il que nous en ayons un, car une grande majorité touche au noir entre 1200 et 1500 dh», fait noter une autre employée. Que faire donc face à une telle situation ? Une partie des manifestants entonnait de temps en temps un slogan prônant l'unité syndicale. «Au moyen de l'unité et de la solidarité, nous pouvons imposer nos revendications», lancent-ils. Fervent défenseurs de cette devise, Houcine Oussaâdane, ouvrier licencié par l'administration de la SACEM après 17 ans de travail, espère un jour rejoindre ses anciens camarades dans les mines d'Imini.



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