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Congo-Kinshasa: Tshala Muana - trente ans de carrière musicale
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Le Potentiel (Kinshasa)
3 Mai 2008
Publié sur le web le 3 Mai 2008
JEANNOT NE NZAU DIOP
Kinshasa
La soirée commémorant les trente ans de carrière musicale de la chanteuse Elisabeth Tshala Muana Muidikay a été célébrée avec faste ce mardi 30 avril dernier, au parking du Grand Hôtel Kinshasa. Une fête qu'elle a souhaitée partager avec ses nombreux fans à travers une prestation scénique de haute facture. C'était une occasion pour les mélomanes de déguster près de 25 albums produits par celle qu'on a surnommé «la reine du Mutuashi» ou plus affectueusement «Mamu nationale».
Le parking du Grand Hôtel Kinshasa a vibré le mardi 30 avril dernier avec la célébration des trente ans de carrière de la chanteuse Tshala Mwana. Pour l'accompagner, les Congolais Lokua Kanza et Awilo Longomba, les Antillais Jacob Desvarieux et Jocelyne Berroard de Kassav, l'Ivoirienne Aicha Koné ont rehaussé de leur présence cette fête qui a drainé du monde. La Sud-africaine Yvonne Chaka Chaka n'a pu répondre à l'appel, étant empêchée. C'est le cas aussi de Souzy Kaseya, l'arrangeur, etc. L'auteur compositeur et parolier Denis Tshibayi Bibi Den's figure aussi parmi les grands absents de la soirée, lui qui a écrit, une chanson contenue dans le tout récent album de Tshala Mwana « Mamu nationale ». La reine de Mutuashi a exécuté les morceaux inoubliables qui ont façonné sa carrière d'artiste musicienne. Le bal a été ouvert par Lambio-Lambio et son groupe Vijana. Jacob Desvarieux et Jocelyne Berroard ont joué sept morceaux du groupe Kassav. Awilo Longomba a chanté son tube «Carolina». Lokua Kanza a chanté «Sale». Tshala Muana a exécutée une dizaine de ses grands tubes. Le duo Tshala Mwana-Marie Misama a été l'un de temps fort. C'était une réussite totale, avec plus de 1500 billets vendus. Les responsables du Grand Hôtel Kinshasa diront même que ce genre de vente de billets ne se fait plus depuis une dizaine d'années.
PARCOURS
C'est le 13 mars 1958 dans la ville d'Elisabethville, l'actuelle Lubumbashi, qu'elle vient au monde. Son père militaire,, Muidikay Amadeus, trouve la mort au début de l'année 1964, dans les maquis mulelistes pro Lumumba, où règnent Gbenye et Soumialot, à Watsha. Sa mère se nomme Alphonsine Bambiwa.
La petite Elise chante depuis l'enfance à l'église du Camp militaire Kibembe à Elisabethville. En 1967, deux ans et demi après le décès de son père, elle s'installe avec sa mère à Kananga. Au début des années 1970, elle quitte Kananga pour Kinshasa. Elle habite chez le cousin de sa mère, le grand chef Kalamba dans la zone de Kinshasa. Aimant bien chanter, elle intègre le Groupe Tsheke Tsheke Love, en qualité de chorégraphe. C'est en 1976. Une année plus tard, elle intègre le groupe «Les Rédoutables» d'Abeti Masikini. En 1978, elle émigre en Afrique de l'Ouest, Minzoto Wella Wella de Père Buffalo.
C'est en Afrique de l'Ouest que débute sa grande et fructueuse aventure musicale. Elle commence par la République Centrafricaine, le Nigeria, le Togo pour aboutir en Côte d'Ivoire. C'est à la même période que le tube de Sam Mangwana «Georgette Eckins» fait tabac à Abidjan, tremplin de la musique africaine, avec le succès des musiciens zaïrois Sam Mangwana, Dizzy Mandjeku, Pablo Tumbajika, Souzy Kaseya, Diblo Dibala, etc. Son premier 45 tour «Amina» enregistré à Paris à la fin 1981, lui porte bonheur, malgré sa mauvaise qualité. Mais avec son genre musical, le Mutuashi, genre et rythme du grand Kasaï, elle est adoptée par tous. Elle fait le tour des Etats de l'Afrique de l'Ouest, avec son manager Ram Ouedraogo. En 1982, elle reprend l'enregistrement de son hit «Amina». Deux ans après, elle s'installe à Paris. Elle opte pour le Show-Biz. A partir de là, elle va sortir 19 albums et faire le tour du monde. Presque partout où elle passe, elle obtient médailles, trophées, (elle est proclamée «Meilleure artiste de l'Afrique Centrale»), diplômes d'honneur, disque d'or (avec Amina et Koumba). Elle est même faite Chevalier de l'Ordre National du Léopard par feu président Mobutu. Elle s'impose comme l'une des meilleures voix féminines de la musique congolaise moderne.
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Au début des 1990, elle est intronisée «Ambassadrice de l'art et de la culture Kasaienne», par les chefs coutumiers du Grand Kasaï. Ceci, parce que grâce à Tshala Muana, la danse et la chanson au rythme mutuashi est vulgarisée à travers le monde. Plusieurs articles propagent son message d'unité, de paix et de sérénité.
Elle joue, en outre, dans un film intitulé Falato, en 1987, au Mali. En 1997, dès la prise du pouvoir par l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, AFDL, elle regagne définitivement le pays.
Elle s'engage dans la politique active, en encadrant les femmes, tout en se battant pour la défense et la protection de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
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