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Afrique de l'Ouest: Sommet des chefs d'Etats de l'autorité du Bassin du Niger - La dernière chance pour le fleuve Niger
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L'Autre Quotidien (Cotonou)
5 Mai 2008
Publié sur le web le 5 Mai 2008
Gnona Afangbédji
Le fleuve Niger, patrimoine de plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre, subit depuis des années une réelle menace de disparition. Beaucoup de promesses d'investissements pour renverser la tendance n'ont pas été tenues. Le dernier sommet de l'autorité du bassin du Niger, tenu le 02 Mai dernier à Niamey, apparaît pour les riverains comme une rencontre de la dernière chance.
Le 8è sommet des Chefs des Etats des pays membres de l'Autorité du Bassin du Niger (ABN) est presque passé inaperçu au Bénin, l'opinion étant préoccupée par le second round des élections municipales et communales. Pourtant, le rendez-vous de Niamey revêtait une importance majeure car il était question de sauver le fleuve Niger qui se meurt depuis des années. Pour les habitués de la frontière de Malanville, c'est devenu un secret de polichinelle que le fleuve Niger est en danger. Ensablement, pollution, décrue quasi permanente du fait des changements climatiques, le fleuve Niger ne donne plus assez de poisson et n'irrigue plus suffisamment les cultures des populations riveraines dont la survie dépend essentiellement des bienfaits de ce cours d'eau. Le Niger devient un trésor en perdition. La situation de ce fleuve a toujours préoccupé les dirigeants des Etats riverains réunis au sein de l'Autorité du bassin du Niger.
En 2004, une réunion des ministres de l'ABN a eu lieu à Cotonou, pour réfléchir sur les mesures hardies à prendre pour sortir le Niger de sa situation agonisante. Quelques semaines plus tard, les Chefs d'Etat de l'ABN s'étaient retrouvés à Paris autour du Président de la République française, Jacques Chirac. A cette occasion, beaucoup de déclarations d'intentions ont été faites et des financements colossaux ont été annoncés, notamment pour désensabler le fleuve. Mais quatre ans après, aucun investissement sérieux ne se profi e à l'horizon, au contraire le problème du Niger a atteint un seuil critique.
Dans un contexte international difficile marqué par la crise alimentaire, la relance de ce joyau communautaire est plus que d'actualité. Ainsi pour les Chefs d'Etat réunis à Niamey, l'heure n'est plus aux grands discours, il faut parer au plus pressé. A cet effet, ils ont adopté un ambitieux programme d'investissement s'étendant sur la période 2008-2027, dans le bassin commun. Coût du programme : environ 3600 milliards de Fcfa. Le programme se décline en différents plans quinquennaux dont le premier couvre la période 2008-2012. Dans ce plan, la priorité est accordée à certains projets majeurs tels le barrage de Taoussa au Mali et celui de Kanadji au Niger. Dès juin 2008, une table ronde des bailleurs de fonds sur le financement du programme d'investissement est prévue à Niamey. Selon la déclaration finale du sommet, environ 40% des financements nécessaires à l'exécution du premier plan quinquennal seraient déjà mobilisés. La rencontre de Niamey a également adopté la Charte de l'eau du bassin du Niger et a préconisé l'accélération de son processus d'entrée en vigueur. Cette charte vise à instaurer une gestion responsable, coordonnée et durable de l'exploitation du fleuve Niger. Elle stipule une lutte vigoureuse contre l'ensablement du fleuve et pour la protection de ses berges. Les Chefs d'Etat ont ainsi quitté Niamey avec de nouvelles promesses d'investissement au profit du fleuve Niger. Au regard, de la situation de ce cours d'eau, il s'agit d'un engagement de la dernière chance. Autrement, le fleuve va continuer sa course folle vers le tarissement, à cause de l'ampleur du réchauffement planétaire. Vivement que le Niger ne devienne pas de sitôt une triste histoire à raconter ou une leçon de géomorphologie aux générations futures.
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