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Sénégal: Mortalité Maternelle - Les indicateurs au rouge à Sédhiou


Wal Fadjri (Dakar)
 

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Wal Fadjri (Dakar)

5 Mai 2008
Publié sur le web le 5 Mai 2008

Papis Diallo

La mortalité maternelle constitue une épine dorsale pour les autorités médicales de Sédhiou. C'est un taux de 1 000 décès pour 100 mille naissances vivantes, selon les dernières enquêtes démographiques de santé (Eds 4) réalisées en 2005 dans la région de Kolda. Ce taux largement supérieur à la moyenne cache bien des disparités du fait des nombreux accouchements qui continuent encore de se faire en dehors des structures sanitaires.

Trouver la mort en donnant la vie, tel est le tableau macabre qu'affiche la mortalité maternelle dans le département de Sédhiou et dans la région de Kolda. Selon les dernières enquêtes démographiques de santé de 2005, à Kolda, le taux de cette mortalité maternelle est de 1 000 décès pour 100 mille naissances vivantes contre une moyenne nationale de 435 décès pour le même nombre de naissances. Les statistiques sont suffisamment éloquentes pour heurter les consciences.

Le Docteur Kalidou Konté, médecin chef du district sanitaire de Sédhiou, confirme : 'Nous savons que la mortalité maternelle est un problème crucial au Sénégal. Il est estimé à 435 décès pour 100 mille naissances vivantes au niveau du pays. Mais dans la région de Kolda, ce taux est estimé au double'. Selon lui, un des axes prioritaires pour lutter contre ce phénomène est le renforcement du taux de contraception qui est à un niveau très faible dans le district sanitaire de Sédhiou.

'Pour mieux lutter contre ce taux élevé de la mortalité maternelle, il faut améliorer le taux de prévalence en contraception et en planification familiale. Malheureusement, ce taux est également très faible à Sédhiou. Il est de 2 % seulement, alors que le taux national qui tourne autour de 10 %. Donc il faut nécessairement qu'on travaille à améliorer ce taux', soutient le médecin.

De l'avis du Dr Kalidou Konté, il faut aussi améliorer le taux d'accouchement assisté qui contribue à lutter contre ce phénomène. Car, le nombre d'accouchements enregistrés au niveau des structures ne reflète pas la réalité parce qu'il y a beaucoup d'accouchements qui se font toujours à domicile.

'Les chiffres à ce niveau également tournent autour de 50 à 52 % dans le département de Sédhiou. Donc, les femmes, malgré la gratuité de l'accouchement et des césariennes, ne viennent pas accoucher en masse dans les structures de santé. Là aussi, il y a des efforts à faire pour améliorer la situation', a-t-il ajouté.

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Mais les raisons fondamentales du taux élevé de cette mortalité maternelle sont aussi à chercher au niveau de l'inaccessibilité, pour l'écrasante majorité des femmes du département, des soins de santé primaire, soit par faute de moyens, ou du fait de l'éloignement des structures sanitaires, ou encore à cause de l'enclavement endémique du département. Il y a également l'ignorance qui pèse lourd sur la balance de ce taux élevé de la mortalité maternelle.

l n'est pas facile pour les femmes de cette partie de la région de la moyenne Casamance d'accéder aux structures de santé, surtout en milieu rural. 'Il faut aussi trouver d'autres explications à cette situation. Il y a les problèmes d'accessibilité surtout géographique, mais également des difficultés qui sont liées à ce qu'on appelle l'accessibilité financière malgré le fait que l'accouchement gratuit soit effectif au niveau de toutes les structures.

Les femmes ont souvent des difficultés pour venir au niveau des postes de santé, ou elles ne font pas de cela leur priorité. Ce qui fait qu'elles se présentent le plus souvent de façon tardive au niveau de nos structures', s'indigne le Dr Kalidou Konté.



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