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Cameroun: Une histoire longue et tourmentée
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Cameroon Tribune (Yaoundé)
5 Mai 2008
Publié sur le web le 5 Mai 2008
R. D. L. N.
Le processus de privatisation de la Snec n'a pas été un long fleuve tranquille.
C'était le 2 mai 2002 à Douala. Au club Snec. Juste après l'installation du tout nouvel administrateur provisoire de la Snec, Clément Obouh Fegue, dernier directeur général de l'entreprise, présente à l'assistance Aminou Bassoro, président de la Commission technique de privatisation et des liquidations (CTPL). Des huées et des sifflets montent. Illustration de ce que le sujet de la privatisation et les hommes qui le traitaient n'avaient pas la cote en ces lieux.
Six années plus tard, jour pour jour, le sujet de la privatisation ne suscite aucune émotion particulière. Les temps ont bien changé.
En 2002, la société vit une période très difficile. Les activités de production et de distribution de l'eau vont comme elles peuvent. Le personnel est quasiment démobilisé à la fois par le contexte intérieur que par le flou qui entoure la privatisation. Au terme d'un premier processus de privatisation, on entend alors parler dans les coulisses d'un adjudicataire qui négocierait la reprise de la Snec pour 500 millions de francs. Une misère ! Pire, le repreneur ne souhaite s'occuper que de six localités jugées rentables. Avec, en plus, des licenciements à la clé.
L'administrateur provisoire va appliquer un traitement en douceur. Il consiste à redonner confiance aux employés. A faire baisser la tension née de l'incertitude des lendemains. Ensuite, on travaille pour produire plus et mieux. Cette gestion des hommes s'accompagne d'une reprise en main des finances de la société. Les finances justement retrouvent un meilleur équilibre.
La sérénité retrouvée, la continuité du service public de l'eau ainsi assurée, le gouvernement peut relancer le dossier de la privatisation. Il n'y a désormais plus une sorte d'épée de Damoclès qui pèse sur la tête de la CTPL.
En 2008, la production et la distribution de l'eau potable ont augmenté. Certes, au regard de la demande, on est loin de la satisfaction des besoins mais il y a du mieux. A Douala par exemple, la production est passée de 65 000m3/jour en 2002 à 115 000 m3/jour en 2008. Encore loin des 300 000m3/jour nécessaires pour répondre à la demande.
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Le personnel se sent plus en sécurité. D'autant que sa situation a connu des améliorations depuis quelques années. Avec la reprise des avancements et des reclassements. Avec le remboursement d'une somme de plus de 900 millions de francs qui avait été retenue sur les salaires des employés. Avec l'attribution des médailles d'honneur du travail. Mais surtout avec l'annonce qu'aucun des 2 283 employés ne sera licencié à l'occasion de cette privatisation.
Six années auront donc permis à l'administrateur provisoire de conduire à bonne fin la mission à lui confiée. Le service public de l'eau s'est poursuivi et la privatisation est effective.
Ce n'était pas donné en 2002.
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