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Zimbabwe: Robert Mugabe, président sortant du Zimbabwe - J'ai perdu mais je refuse de partir !


 

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Le Nouveau Réveil (Abidjan)

ANALYSE
6 Mai 2008
Publié sur le web le 6 Mai 2008

Doube Binty

Ainsi pourrait-on résumer l'attitude de monsieur Robert Mugabé, l'un des nouveaux amis de Soundjata 1er de Côte-d'Ivoire, qui a décidé de ne pas reconnaître sa défaite cuisante aux dernières élections générales du Zimbabwé.

Il apparaît dès lors clairement que le héros de l'indépendance de l'ancienne Rhodésie du Sud qui a connu la prison et l'exil et qui luttait pour une société de justice, faite de démocratie et de respect des droits de l'homme, a purement et simplement résolu de tourner le dos à cette justice, à cette démocratie et à l'équité. Et pourtant, lorsque l'opposition l'accusait de vouloir trafiquer les élections à travers un bourrage systématique des urnes, il a juré la main sur le coeur que sa conscience de croyant ne lui permettait pas de se livrer à pareilles manoeuvres et qu'il gagnerait proprement l'ensemble des élections.

Après la publication des résultats des législatives où la ZANU PF, son parti, a perdu face au MDC, la foi a tout de suite quitté monsieur Mugabé qui s'opposait aussitôt à ce qu'on publiât les résultats de la présidentielle dont tout le monde devine aisément qu'ils allaient annoncer sa cuisante et humiliante défaite, lui qui espérait pouvoir surfer indéfiniment sur sa réputation de combattant de la liberté et de héros de l'indépendance. C'est pourquoi, alors que la constitution du Zimbabwé et le code électoral imposent un délai de six (06) jours après l'élection présidentielle pour la proclamation des résultats, la Commission Electorale Indépendante (???) du Zimbabwé est restée étrangement (?) muette plus d'un mois après ladite élection alors qu'habituellement les résultats étaient proclamés deux jours à peine après l'élection. Il est plus que certain et évident que l'octogénaire du Zimbabwé n'avait aucune chance de l'emporter sur monsieur Morgan Tsvangirai après la défaite de la Zanu PF aux législatives. Monsieur Mugabé se savait battu et son rêve de mourir au pouvoir pour être célébré par le peuple Zimbabwéen et la Communauté Internationale comme ce démiurge, ce demi-dieu de la lutte pour l'indépendance s'écroule comme un château de cartes à moins qu'il ne réagisse comme il faut ainsi que savent le faire tous les bons dictateurs. Et c'est ce qu'il a fait !

Déjà avant les élections monsieur Mugabé déclarait qu'il n'était pas question pour lui de quitter le pouvoir. Il pouvait faire pareille déclaration sans aucun risque de se tromper puisque quelques jours avant qu'il ne s'exprime ainsi, la hiérarchie militaire zimbabwéenne avait clairement laissé entendre qu'elle ne voulait pas d'un changement de régime, même démocratique et pacifique.

Assuré du soutien inconditionnel et sans faille de sa garde prétorienne se disant armée nationale du Zimbabwé, monsieur Mugabé, dès qu'il a su qu'il a été battu, a fait obstacle à la publication des résultats de l'élection présidentielle. Ne voilà-t-il pas que concernant les législatives, le pouvoir zimbabwéen a ordonné à la Commission Electorale de procéder à un nouveau décompte des voix dans 23 circonscriptions électorales où l'opposition l'avait largement emporté.

Naturellement, on va se rendre compte fort opportunément que le premier décompte a été mauvais et que la ZUNU PF de monsieur Mugabé a été volé dans ces circonscriptions et qu'ainsi la ZUNU PF a été privé d'une grande victoire. Quelle honte pour ce héros qui se livre à des manoeuvres aussi sordides pour se maintenir au pouvoir contre la volonté du peuple zimbabwéen.

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"Triomphant" ainsi aux législatives, monsieur Mugabé ne peut que l'emporter à la présidentielle même s'il demande hypocritement un second tour pour couvrir d'un vernis juridique son coup d'Etat constitutionnel. Les Zimbabwéens découvrent ainsi que leur vieux leader n'a pas suffisamment de grandeur d'âme pour accepter une défaite. Ils se souvienne alors des méchancetés et des misères qu'il a faites à monsieur Joshua N'KOMO, un autre héros de l'indépendance avec qui il n'a jamais voulu partager le pouvoir et qu'il a poussé à mourir de chagrin. Cela n'est pas sans nous rappelé l'histoire de ce grand explorateur qui, se trouvant dans le Pacifique avec son équipage et ne voyant aucune terre à l'horizon, avait promis une forte récompense à quiconque serait le premier à apercevoir une terre.

C'est ainsi qu'un jour un des membres d'équipage s'écria : "terre en vue."

Il se trouve hélas que notre grand explorateur déclara aussitôt qu'il avait lui-même vu cette terre en premier avant le cri de l'homme d'équipage et que par conséquent la récompense lui revenait.

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