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Congo-Kinshasa: Secteur minier - La mafia à la peau dure


Le Potentiel (Kinshasa)
 

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Le Potentiel (Kinshasa)

6 Mai 2008
Publié sur le web le 6 Mai 2008

Kinshasa

Quelques mois après la tenue à Kinshasa des Etats généraux des Mines, l'Etat congolais a toujours du mal à cerner les contours d'un secteur qui semble lui échapper. Des analyses fiables parlent des pertes annuelles évaluées à des milliards de dollars américains pour la seule province du Katanga, en ce temps où les cours du cuivre se négocient à près de 9.000 Usd la tonne sur le marché mondial.

La criminalisation de l'économie nationale inquiète tous les milieux congolais et étrangers. Les faits sont scandaleux dans le secteur des mines, transformé en véritable far west. La cause principale est l'aliénation des richesses nationales par divers stratagèmes montés pour contourner certaines dispositions pertinentes du Code minier de 2002. Mais le grand perdant de ce flou artistique demeure évidemment l'Etat congolais qui, bon gré mal gré, doit se plier aux contraintes parfois humiliantes de l'extérieur pour financer les « cinq chantiers » de la République. Pourtant, la poule aux oeufs d'or est bien à ses côtés et continue - par compromission certainement - à faire la part belle à la grande maffia qui a pris en otage tout le secteur minier congolais.

L'évaluation à mi-parcours du Code minier congolais, six ans après sa promulgation en juillet 2002, a été le thème central des Etats généraux des Mines organisé à Kinshasa. A cette occasion, différentes parties impliquées dans la revalorisation des ressources minières congolaises, l'Etat congolais en première ligne, se sont penchées sans complaisance sur les ajustements à opérer pour que la Rdc, pays pauvre très endetté, tire profit de ses immenses potentialités minières.

Tous - gouvernement, entreprises minières ou mandataires en mines - ont reconnu la nécessité de réajuster le tir pour faire du secteur minier un véritable levier de développement. C'est donc sur des règles de jeu clairement établies que se sont clôturés les Etats généraux des Mines. Mais, quelques mois après ces assises, annoncées cependant comme le signe d'un renouveau dans les mines, le doute persiste. Pas de changement notoire, selon les experts de ce secteur. Tout se passe comme si rien n'a été dit sur l'avenir des mines congolaises. Qui pis est, les irrégularités ou les dysfonctionnements pourtant relevés lors des assises, se sont amplifiés, laissant le secteur des mines à la merci d'une maffia dont les ramifications, au départ de Kinshasa, dépassent les frontières nationales. Bref, les mines congolaises sont prises en otage. Et, les commanditaires de ce qui a tout l'air d'un « crime économique » se recrutent dans le pays. Ils ont, à un moment de l'histoire de ce pays, négocié des contrats ou conventions minières aux clauses compromettantes. L'institutionnalisation d'une commission de revisitation des contrats miniers n' a encore rien apporté de changement radical. Preuve que les mines congolaises ne sont encore congolaises parce que situées en RDC, leur contrôle échappe totalement à l'Etat congolais. Les manettes du mode d'exploitation se trouvent loin du pays, à Johannesburg, Toronto, Londres, New-York, etc.

DES MILLIARDS USD ECHAPPENT A L'ETAT

« La République démocratique du Congo est un pays minier qui doit absolument vivre de ses mines ». Cette précision qui ressemble à un véritable cri d'alarme est d'un haut cadre d'une entreprise publique du secteur minier. Il s'est rendu à l'évidence qu'après plusieurs missions d'inspection dans les régions minières, notamment dans les provinces du Katanga et du Kasaï oriental, l'Etat congolais est floué. Car, ne tirant aucunement profit du bon comportement des cours des métaux ou des matières précieuses et semi-précieuses sur le marché mondial.

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Les grands bénéficiaires restent, en pareil cas, des entreprises minières qui jouissent d'une protection à différents échelons du pouvoir. La plupart d'entre elles opèrent en déphasage de la législation minière en vigueur en RDC. 61 d'entre elles ont été dans les mailles de la commission de revisitation des contrats miniers. Aucune d'elles n'a été jugée viable. D'autres devaient purement et simplement se soumettre à la procédure de déchéance des titres leur octroyés.

Mais, où en sommes-nous aujourd'hui ? Sur terrain, aucune avancée significative n'a été enregistrée. Preuve que les parrains de l'une ou l'autre d'entre elles se sont vite activées pour étouffer les ardeurs d'un gouvernement jugé trop regardant surtout qu'il s'agit d'un secteur où s'entrecroisent des intérêts à visages multiples.

Malheureusement, c'est la réalité du secteur minier congolais. La maffia s'enracine au point de devenir aujourd'hui un mode de gestion où l'Etat congolais n'a de revenus que des miettes exprimées soit en termes de droits superficiaires, de redevances minières, soit de droits et taxes dues à l'exportation. La grande cagnotte est partagée entre les membres du cartel, dont les grands stratèges sont bien hors des frontières nationales.

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