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Cameroun: Douaniers et gendarmes sur le pied de guerre à Douala


Le Messager (Douala)
 

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Le Messager (Douala)

6 Mai 2008
Publié sur le web le 6 Mai 2008

Mathieu Nathanaël Njog

Une occupation au forceps d'un espace vert à la cité des douanes à Bonapriso a failli déboucher sur un affrontement entre des hommes en tenue.

Lundi 28 avril dernier, Mme Moukoko, nouvellement nommée officier d'Etat civil, effectue une énième descende à la cité des douanes à Bonapriso (Douala). Elle se fait accompagner par des techniciens pour entreprendre des travaux de construction d'une aire de jeu. Les agents des douanes habitant cette cité se mobilisent et s'y opposent. Le ton monte. Mme Moukoko qui est accompagnée par le chef service provincial du patrimoine de l'Etat à la délégation des Domaines et affaires foncières pour le Littoral, et un représentant du gouverneur, menace de faire appel aux éléments de la gendarmerie. Elle affirmait détenir un message porté du gouverneur donnant injonction au commandant de la légion de gendarmerie de lui porter aide en cas de besoin.

L'affaire remonte en début avril dernier. Les habitants de la cité des douanes aperçoivent deux personnes qui déblaient les alentours de la bâtisse servant de foyer. Approchées, les deux personnes étrangères à la cité des douanes refusent de se prononcer sur les raisons de leur présence. Leur matériel de travail est confisqué. Mme Moukoko, alertée, y arrive et affirme vouloir construire un bâtiment devant abriter le nouveau centre d'Etat civil. « C'est pour une cause noble », lance-t-elle. Elle brandit des autorisations. Une signée du délégué provincial des Domaines et des affaires foncières pour le Littoral, et l'autre du ministre de l'Administration territoriale faisant d'elle, chef de centre d'Etat civil avec compétence territoriale à Bonadouma et Bonapriso. « Simplement, cette autorisation n'indique pas qu'elle doit s'installer à la cité des douanes », réagit un cadre des douanes. Certains cadres des douanes habitant les lieux lui conseillent de se référer au ministère des Finances via la direction générale des douanes qui est seule compétente pour répondre de la jouissance de ce domaine de l'Etat.

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Une cité à l'abandon

Elle ne l'entend pas de cette oreille. Le vendredi 24 avril dernier, elle fait une descente punitive en compagnie d'une cinquantaine de gendarmes. Ces pandores défoncent les portes du foyer, le vident de tout son contenu et y mettent le matériel de construction appartenant à Mme Moukoko, avant de poser de nouveaux cadenas. Les jeunes sportifs qui utilisent ce foyer pour des entraînements de boxe et de culturisme déverrouillent nuitamment les portes, réinstallent leur matériel d'entraînement et y apposent de nouveaux cadenas. Mme Moukoko retourne sur le lieu le 28 avril dernier en compagnie des éléments de la gendarmerie et y trouve une escouade de paramilitaires des douanes sur le pied de guerre. La tension monte de nouveau d'un cran. Il a fallu la médiation du préfet du Wouri, Bernard Atebede, pour que le pire soit évité. Les ambitions de Mme Moukoko sont mises en sursis.

La cité des douanes existe depuis 1950. Elle a servi de logements aux cadres européens de l'administration coloniale. Après leur départ, l'Etat a cédé cette cité au ministère des Finances qui l'a mise à la disposition de la douane camerounaise pour loger ses cadres. Mais devant le délabrement de ce cadre de vie, faute d'aménagement par la tutelle, les principaux occupants l'abandonnent pour se construire à « Denver » par Bonamoussadi. La nature ayant horreur du vide, les cadres moyens des douanes s'y sont réfugiés depuis plus d'une vingtaine d'années. Malgré le fait que l'état des bâtisses constitue une menace permanente pour ses occupants. Les murs sont défraîchis et les poudres ont lâché par endroits. Pis encore, les canaux d'évacuation d'eau et de déchets sont bouchés. Les drains sont dans un état de puanteur qui constitue une véritable menace pour l'environnement.



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