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Congo-Kinshasa: Hyperdépréciation du dollar et hausse de prix du pétrole - Quel avenir pour les économies dollarisées ?
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Le Potentiel (Kinshasa)
ANALYSE
6 Mai 2008
Publié sur le web le 6 Mai 2008
C. MALINGUMU SYOSYO
Kinshasa
Depuis 2002, la devise américaine traverse une phase de forte dépréciation face aux principales devises internationales (la livre sterling, le yen, le yuan et l'euro) et ne semble pas se remettre de sitôt. Plusieurs pays ayant choisi le dollar en remplacement total ou partielle de leur monnaie nationale ou ayant retenu le dollar comme principale réserve de change se trouvent actuellement confrontés à plusieurs contraintes parmi lesquelles la hausse continue de prix du pétrole sur le marché international, la dépréciation de la devise américaine face à l'euro, au yen japonais, à la livre anglaise ou au yuan chinois.
Au niveau du comportement des agents économiques, la préoccupation reste la même : comment protégez son patrimoine, mieux son portefeuille, face à la dépréciation continue du dollar et du franc congolais ? Ou encore quelle stratégie mettre en place pour protéger son portefeuille face à la dépréciation du dollar et à la hausse de prix de pétrole sur le plan mondial. Telles sont les préoccupations auxquelles font face les nations et les agents économiques actuellement. Notre souci n'est pas de répondre à cette problématique. L'objectif poursuivi par cet article est celui d'effleurer l'avenir des économies dollarisées face à la perte d'influence de la monnaie américaine sur la scène internationale.
UNE PREOCCUPATION MAJEURE
Bien que la hausse des prix du pétrole depuis 2002 soit comparable à celle qu'avaient provoquée les chocs pétroliers de 1973 et 1979, mais s'en diffèrent à plusieurs égards. Le prix du baril de Brent a été multiplié par 5, dépassant pour la première fois 100 dollars en janvier 2008 et se situe à plus 118 dollar le baril 25 avril. Entre janvier 2002 et avril 2008, le prix en dollars du baril de Brent de la mer du Nord a été multiplié par 6,1 : il est passé de 19,4 à 118 dollars. Plusieurs facteurs permettent d'expliquer cette augmentation spectaculaire du baril du pétrole. Il s'agit entre autres de la croissance mondiale qui a été forte au cours de ces dernières années (4,6% en moyenne entre 2002 et 2007), ce qui a accru la consommation de pétrole (+13% en volume entre 2002 et mars 2008) malgré la flambée des prix.
La croissance de la demande a été particulièrement forte en Chine et en Inde ; les pays non membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole n'ont pas pu augmenter leur production au même rythme que la demande. L'OPEC a pris des décisions de nature à soutenir la hausse des prix du pétrole et à lisser ses revenus dans le temps en n'accélérant pas sa production ; le potentiel d'augmentation de la production et du raffinage est limité, du fait du niveau relativement faible des investissements consentis ces dernières années ; l'instabilité géopolitique depuis 2001 (terrorisme, intervention américaine en Irak et en Afghanistan etc.) et l'incertitude politique dans plusieurs pays producteurs (Irak, Iran, Nigeria, Venezuela, le Soudan) ont fait peser des risques sur la production de pétrole, qui ont provoqué des achats de précaution et des mouvements spéculatifs.
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La flambée des prix du pétrole depuis 2002 est comparable à celle constatée lors des chocs pétroliers de 1973 et 1979. Exprimé en prix de 2006, le prix du baril était passé de 20 à 100 dollars entre janvier 1973 et décembre 1979, tandis qu'il est passé de 22 à 90 dollars entre 2002 et 2007. Or, on se souvient que les chocs pétroliers des années 1970 avaient eu un fort effet récessif, amplifié par le retournement d'une politique monétaire jusque-là trop accommodante. Pourtant, la hausse des prix du pétrole des années 2000 semble avoir eu des effets bien plus modérés à ce jour surtout dans la zone euro. Ce changement procède de facteurs conjoncturels, comme l'appréciation de l'euro face au dollar, et d'évolutions structurelles, comme la diminution de l'intensité pétrolière de l'économie. Par contre, la hausse de prix du pétrole a un impact non négligeable dans nos économies dépendant du marché mondial des matières premières pour avoir des devises devant financer nos importations pétrolières.
A cette dépendance d'ordre commercial s'ajoute une dépendance d'ordre monétaire. En ce sens que nos économies dollarisées se trouvent soumises non seulement à la hausse de prix du pétrole mais également sont confrontées à l'hyper dépréciation du dollar américain face aux autres devises internationales. Une interrogation mérite d'être posée : les dirigeants de plusieurs pays s'interrogent et cherchent à savoir s'il faudrait modifier leur régime de change basé sur l'ancrage au dollar et envisager ancrer leur monnaie sur la devise européenne (Euro). Plusieurs pays restent dans l'attentisme pour voir quel sera le résultant des élections américaines.
COMMENT LIMITER L'IMPACT DE LA HAUSSE DU BRUT?
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