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Congo-Kinshasa: Forte flambée des produits agricoles - Le G8 promet de se pencher sur la crise alimentaire


Le Potentiel (Kinshasa)
 

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Le Potentiel (Kinshasa)

6 Mai 2008
Publié sur le web le 6 Mai 2008

Faustin Kuediasala
Kinshasa

Sur appel du premier ministre japonais, la prochaine rencontre de huit pays les plus industrialisés du monde, G8, pourrait bien se pencher sur les graves implications de la surenchère des produits alimentaires, première cause de la crise alimentaire qui touche de plein fouet les pays pauvres. Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, note, à ce sujet, que la communauté internationale ne peut pas se permettre d'échouer dans l'action menée en réponse à la crise alimentaire.

Sur proposition du Premier ministre japonais, hôte du sommet, les graves conséquences, à l'échelle planétaire, de la crise alimentaire seront en bonne place des discussions prévues à la prochaine rencontre du G8.

La flambée des prix des denrées alimentaires pourrait faire tomber 100 millions de pauvres dans une plus grande indigence, avait déclaré le président de la Banque mondiale, M. Robert B. Zoellick aux réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale qui se sont déroulées à Washington.

« Selon des estimations fondées sur une analyse préliminaire, un doublement des prix alimentaires au cours des trois prochaines années pourrait enfoncer 100 millions d'habitants des pays à faible revenu encore plus profondément dans la pauvreté», a indiqué M. Zoellick. « Toutefois, il ne s'agit pas uniquement de régler des besoins immédiats, pour aussi importants que ceux-ci soient. Il s'agit de veiller à ce que les prochaines générations ne soient pas, elles aussi, pénalisées».

M. Zoellick s'est exprimé dimanche à la conférence de presse qui a marqué la clôture des Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international à Washington.

M. Zoellick a réitéré son appel en faveur d'une « nouvelle donne pour une politique alimentaire mondiale » pour faire face à la crise des prix alimentaires, et a notamment enjoint les bailleurs de fonds de combler le déficit de 500 millions de dollars de ressources alimentaires identifié par le Programme alimentaire mondial. Les fonds mobilisés à ce jour représentent environ la moitié du demi-milliard de dollars fixé comme objectif, a précisé M. Zoellick.

Dans le cadre de cette nouvelle donne, la Banque mondiale a entrepris de mettre en place des transferts monétaires conditionnels, des programmes de travail contre nourriture et des aides à la plantation, a-t-il ajouté.

Dans ces remarques liminaires, M. Zoellick a défini les actions prioritaires qui peuvent aider à faire face aux besoins immédiats tout en préparant le terrain à une mondialisation plus solidaire et plus viable. Il a préconisé une « Solution à 1 % », qui permettrait d'affecter 1 % des 3.000 milliards d'actifs détenus par des fonds souverains à des possibilités d'investissement dans les pays d'Afrique subsaharienne, où des centaines de millions de pauvres sont frappés de plein fouet par l'envolée des prix des denrées alimentaires et d'autres produits de base.

Il a également souligné l'importance de l'Initiative « EITI++ », qui a été lancée pour aider les pays à gérer et à mettre la richesse que représentent leurs ressources naturelles au service d'une croissance économique de longue durée.

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Le directeur général du FMI, M. Dominique Strauss-Kahn, qui s'est également exprimé à la conférence de presse, a soutenu les propositions de M. Zoellick.

Il a expliqué que l'aide du FMI aux pays à faible revenu en matière de développement économique et financier « pourrait être très rapidement annihilée par la crise véhiculée par la hausse des prix alimentaires». En raison de cette envolée des prix, de nombreux pays pauvres risquent d'accuser un « énorme déficit » de leur balance commerciale qui pourrait ébranler leur économie.

Sur une question connexe, M. Zoellick a indiqué que le « petit-déjeuner de Bali » des ministres des Finances qui ont participé aux Réunions de printemps avait porté sur les stratégies à mettre en place dans le domaine du changement climatique pour faire face aux effets négatifs de la hausse des températures et de la plus grande instabilité des conditions météorologiques sur l'agriculture. « Si vous habitez dans un pays en développement, c'est très effrayant », a-t-il ajouté.



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