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Tunisie: Microfinance " Une solution mais pas la solution "
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La Presse (Tunis)
6 Mai 2008
Publié sur le web le 6 Mai 2008
Nadia Chahed
L'intervention de la Banque européenne d'investissement (BEI) en Tunisie ne date pas d'hier.Elle a démarré depuis 1979, date de l'octroi du premier crédit. Depuis environ 30 ans, les efforts se sont succédé afin d'optimiser au maximum l'impact de ces interventions et de participer réellement au développement du pays. C'est ce qu'a précisé hier M. Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la BEI, dans son intervention lors des travaux de la 4e conférence de la Facilité euroméditerranéenne d'investissement et de partenariat (Femip).
Il a, en outre, attiré l'attention sur l'importance de la tenue de cette conférence parallèlement à celle de l'assemblée annuelle de Sanabel, le réseau des institutions de microfinance des pays arabes.
Qualifiant le thème de microfinance de crucial, il a insisté sur la nécessité d'y consacrer plus d'efforts, notamment en matière d'études et de réflexion. Option qui permettrait de mieux cerner le secteur dans un contexte qui ne cesse de muter. Dans ce cadre, le vice-président de la BEI a cité un contexte international menacé par la famine et a noté qu'un retour aux choses essentielles est obligatoire pour faire face à ce fléau et afin de parvenir à nourrir le monde et à offrir à chacun une vie digne.
La microfinance serait, selon M. De Fontaine Vive, l'un des instruments susceptibles de faire face à la pauvreté et à la famine. Un instrument qui permet aux familles les plus démunies d'accéder à un financement pour créer un projet et subvenir à leurs besoins.
La journée a été partagée en trois sessions qui ont respectivement porté sur les modalités de mesure de l'impact de la microfinance, l'échange d'expériences et les conditions de mobilisation des moyens accrus pour développer les microcrédits
Mme Essma Ben Hamida, présidente de Sanabel, a pour sa part exposé la situation de la microfinance dans la région arabe, soulignant l'évolution remarquable qu'elle y connaît et l'augmentation des clients actifs de 36% par an. Ce taux n'est que de 25% dans le monde.
Dans le même sens, elle parle d'une certaine maturité de la microfinance dans le monde arabe.
L'observation et l'étude de cette activité dans le monde ont permis de relever certaines failles et contrairement à ce qu'on a cru pendant des années, la microfinance aurait certains impacts négatifs. Le surendettement des clients et l'emploi des enfants sont les principaux effets négatifs qui ont été identifiés. Mme Ben Hamida note à ce sujet que beaucoup d'espoirs ont été placés dans la microfinance du fait que c'est une activité qui a prouvé à plusieurs reprises son efficacité dans la lutte contre la pauvreté.
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Toutefois, l'étude de cet impact n'est guère aisée et elle nécessite la réunion de plusieurs facteurs. A ce propos, la présidente de Sanabel précise que plusieurs facteurs autres que la microfinance, notamment l'évolution de l'économie et un taux d'inflation bas, peuvent contribuer à l'amélioration de la situation des familles vulnérables. Pour elle, il est très difficile de séparer tous les facteurs qui interviennent dans la modification d'une situation familiale donnée et d'identifier l'impact de chacun de ces facteurs.
D'ailleurs, les participants ont proposé la mise en place pour les IMF de la Méditerranée d'indicateurs communs d'évaluation de l'impact de la microfinance dans les institutions de microcrédits méditerranéennes (IMF) afin d'aboutir à une meilleure information et de fournir aux organismes concernés les moyens d'agir de façon appropriée.
C'est également à l'occasion de cette rencontre que la présidente de Sanabel a exposé les problèmes que rencontrent encore certaines IMF dans le monde arabe, à savoir, entre autres, un besoin urgent de financement sous forme de dons et d'assistance technique. Elle a enfin souligné que «pour continuer à servir les plus pauvres, un effort collectif est nécessaire entre IMF, régulateurs et investisseurs prêts à nous faire confiance et à faire un sacrifice au niveau du retour sur leur investissement».
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