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Bénin: Les experts du ministère de l'urbanisme dégagent la responsabilité de l'entrepreneur
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L'Autre Quotidien (Cotonou)
6 Mai 2008
Publié sur le web le 6 Mai 2008
Jacques Manassé
La question fait l'objet de tous les débats. Qu'est ce qui a pu bien se passer pour que la terrasse de l'entrée principale se soit effondrée, alors que le bâtiment subit des travaux de réhabilitation ?
Pour le groupe de cinq experts du ministère de l'Urbanisme en charge de superviser les travaux, "c'est le fait d'un aléa naturel". En effet, explique Mohamed Gibigaye, expert du ministère de l'urbanisme, l'entreprise en charge du complexe d'étanchéité du bâtiment était en train d'évacuer les matériaux de revêtement de l'immeuble vers le sol quand le hangar attenant à l'entrée principale du centre s'est effondré. L'accident serait survenu du fait du surpoids dû à la présence des panneaux de revêtement que les ouvriers descendaient en vue de l'inspection de l'armature en ferraille de l'ouvrage. Selon M. Gibigaye, la rouille a affecté la charpente du hangar et sous l'effet du poids, l'ouvrage s'est affaissé. Expliquant les causes de l'accident, il a souligné qu'il ne s'agit pas d'une erreur humaine, mais d'une atteinte des fers qui sont entreposés dans un environnement très oxygéné, donc agressif au matériau qui constitue l'armature de la terrasse.
Pour l'expert, la couche de mortier de ciment épandue sur la toiture n'est en rien la cause de cet accident. Puisque, explique-t-il, l'architecte avait prévu ce qui est fait dans son plan. "L'entrepreneur n'a fait que remplacer ce qui existait déjà", a-t-il persisté. En effet, il explique la présence du mortier de ciment par le fait que la toiture retient de l'eau après la pluie et qu'il était nécessaire d'apporter une couche de mortier de ciment pour drainer l'eau vers les canaux construits à cet effet. Pour lui, il était prévu dans la construction originelle cette couche de ciment et se refuse à penser qu'elle soit la cause de l'affaissement de la terrasse.
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Selon lui, nul ne peut modifier, prolonger un ouvrage sans en être l'architecte, car la loi protège les oeuvres architecturales par la propriété intellectuelle. De ce fait, explique M. Gibigaye, toute modification ou travaux inappropriés seraient purs sabotages. Par ailleurs il a expliqué que la responsabilité de l'architecte ne saurait être engagée, car l'ouvrage à fait déjà près de 13 ans sans le moindre problème. Or précise-t-il, la loi a prévu une garantie de 10 ans au court desquels la responsabilité de l'architecte est entièrement engagé dans tout défaut constaté. Après 13 ans d'usage de ce centre, ce n'est que le suivi entretien du maître d'ouvrage qui est engagé. Malgré les inquiétudes persistantes, le groupe d'experts rassure que le bâtiment central n'a aucun problème du point du vue de la stabilité et de l'homogénéité. Pour eux, l'immeuble est en parfait équilibre et suffisamment résistant. Néanmoins, la charpente des hangars sera entièrement déshabillée pour être inspectée afin de déceler d'éventuelles disharmonies à réparer.
En outre, le directeur adjoint de la construction et de la promotion des matériaux locaux, estime que le ministère de l'Urbanisme qui fait office actuellement de maître d'ouvrage n'avait jamais été associé à la réalisation du bâtiment abritant le Cic. Il n'en veut pour preuve que l'inexistence d'aucun plan de l'architecture au niveau de ce ministère. D'où un permis de construire n'aurait jamais été délivré pour la construction de ce centre. Malgré les nombreuses explications des experts, plusieurs interrogations persistent encore. L'entrepreneur a-t-il disposé des données de résistance, des équipements et les moyens adéquats pour ce type de travail ? Les précautions minimales de sécurisation du chantier ont-elles été prises, aussi bien pour ceux qui travaillaient sur le chantier comme pour ceux qui avaient à fréquenter les lieux ? Même si les autorités en charge de l'urbanisme n'ont jamais eu le plan architectural, quelle autorité a eu la responsabilité de la maintenance d'une structure aussi spéciale par ses matériaux, sachant les attaques naturels que ces matériaux pouvaient subir ?
Ceux qui ont entrepris cette réfection ont-ils eu une bonne mesure de la résistance de l'armature aux effets du temps et ont-ils cherché à vérifier l'état des matériaux de la charpente avant dépôt de tous matériaux pesants ? Rappelons que c'est le dimanche dernier que le hangar du hall principal du centre international des conférences s'est effondré faisant un mort et un blessé grave et des nombreux dégâts matériels. Le Centre internationale des conférences a été construit pour abriter le sixième sommet de la francophonie en décembre 1995 et devrait abriter les travaux du sommet de la Cen- Sad prévu à Cotonou en juin prochain.
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