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Ouganda: Des conditions de vie difficiles pour les personnes déplacées séropositives
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UN Integrated Regional Information Networks
6 Mai 2008
Publié sur le web le 6 Mai 2008
Melia Alanyo, 46 ans, a quitté le nord de l'Ouganda pour Kampala, la capitale, à la fin des années 1980, lorsque les rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) ont commencé à enlever, à attaquer et à tuer les habitants de son village.
Melia a passé les 20 dernières années à Kireka, une banlieue pauvre de la ville, à ramasser et à concasser des pierres dans une carrière locale. Pour chaque jerrican de 20 litres rempli, elle empoche 100 shillings ougandais (0,06 dollar américain). Les bons jours, lorsqu'elle se sent forte et qu'elle peut supporter le soleil de plomb qui lui brûle le dos tandis qu'elle s'efforce de concasser ses pierres, elle gagne environ 1 000 shillings (0,60 dollar).
Ces temps-ci, les bons jours sont plus rares. Melia est séropositive, et il arrive parfois qu'elle puisse à peine préparer les repas des neuf enfants à sa charge ; quatre d'entre eux sont d'ailleurs des orphelins du sida, leurs parents, membres de la famille de Melia, ayant été emportés par des maladies opportunistes.
Kireka fait partie de plusieurs bidonvilles urbains peuplés, en grande partie, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDIP) originaires du nord de l'Ouganda. Selon le Projet pour le droit des réfugiés (RLP), une association de la faculté de droit de l'université Makerere, en Ouganda, qui plaide en faveur des réfugiés, entre 300 000 et 600 000 nordistes touchés par la guerre ont migré vers les zones urbaines en quête d'un moyen de subsistance et d'un lieu sûr où s'installer.
« Les personnes qui ont de la famille sont parties à Kampala, et celles qui n'en ont pas sont restées dans les camps [de PDIP] », a expliqué James Okullo, président d'un Comité des PDIP urbains récemment formé.
Les personnes qui ont fui mais sont restées dans le nord de l'Ouganda sont également considérées comme des PDIP et reçoivent l'aide des organisations non-gouvernementales (ONG) et du gouvernement, mais celles qui se sont installées à Kampala n'ont pas bénéficié d'une aide semblable car, jusque récemment, elles n'avaient pas d'identité collective. Ã- Kampala, elles sont passées à travers les mailles du filet humanitaire, en se fondant parmi les autres habitants des bidonvilles, bien qu'étant souvent plus vulnérables qu'eux.
Selon les estimations de Meeting Point International, une ONG qui a commencé par dispenser des soins à domicile aux personnes séropositives de Kitgum, une ville du nord, il y a environ 1 000 foyers acholis (le groupe ethnique le plus touché par le conflit) dans la région de Kireka.
Il n'existe aucune estimation officielle du taux d'infection par le VIH au sein de ce groupe, mais chaque jeudi, des centaines de femmes acholies séropositives se rassemblent au centre Meeting Point de Kireka pour mener des activités éducatives et génératrices de revenus, et pour chanter et danser. Meeting Point couvre également les frais de transport de quelque 300 personnes pour leur permettre de se procurer des médicaments antirétroviraux (ARV) dans les hôpitaux et les cliniques de la région.
Melia et son mari reçoivent tous deux le soutien de Meeting Point, qui leur permet de se procurer des ARV ; leurs deux enfants séropositifs, en revanche, ne prennent que du Septrin, un antibiotique. Le mari de Melia est l'un des rares hommes de Kireka à avoir accepté de se faire dépister et à parler ouvertement de son statut.
Photo: Glenna Gordon/IRIN
Des femmes acholies au centre communautaire de Meeting Point International, à Kireka, un bidonville de Kampala
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« La plupart des hommes [de la région] sont morts ou malades, mais ne veulent pas aller se faire dépister », a indiqué Teddy Bongomin, un travailleur social de Meeting Point, installé à Kireka. « Les hommes vont travailler, mais après ça, ils vont boire, et ce sont les femmes qui meurent en toute innocence ».
Les dons du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies permettaient auparavant à Meeting Point de fournir des vivres à la communauté, mais avec la hausse mondiale du prix des céréales, l'agence a dû se serrer la ceinture, et aujourd'hui, à Kireka, plus personne ne reçoit ce type d'aide.
« Les carrières sont les banques du village : quand vous êtes fauché, c'est là que vous allez », a révélé M. Bongomin. Mais ces jours-ci, Melia ne peut plus s'assurer des rentrées d'argent aussi souvent qu'avant, et elle s'inquiète de plus en plus à l'idée de ne plus pouvoir subvenir aux besoins de ses enfants. « Si mes enfants sont à l'école, je mourrai heureuse, en sachant qu'ils sont en sécurité dans ce monde », a-t-elle confié.
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