Midi Madagasikara (Antananarivo)

Afrique: Piraterie maritime - Une inquiétante expansion dans le monde

D.R

6 Mai 2008


Et si l'on croyait que la piraterie en mer ne fut qu'un récit. Bien au contraire, le phénomène rebondit et en passe d'affecter l'Océan Indien.

Abordages criminels

Oui, tous les navires redoublent actuellement de vigilance en traversant l'océan indien. Tout simplement, la prise d'otage de l'équipage du voilier de luxe « Le Ponant », le 4 avril dernier, remet sur le tapis la piraterie en maritime. Et puis les statistiques avancées par le Bureau Maritime International montrent à quel point les abordages criminels rebondissent dans le monde, particulièrement dans l'Océan Indien.

Si le phénomène s'est un peu calmé en 2002, après la mise sur pied de l'organisation maritime internationale, une structure des Nations Unies qui consiste surtout à renforcer les navires face aux menaces d'Al-Quaïda, il reprend de plus bon face à une situation économique de plus en plus difficile en Afrique profitant le trafic de drogues, un flux très convoité par les pirates. En 2003, la piraterie maritime atteint son summum avec plus de 445 abordages criminels. Dans la plupart des cas, ils, évidemment les pirates, s'emparent de l'équipage et de leurs effets personnels. Sinon, ils s'enquièrent du navire, proprement dit, ainsi que des moyens modernes tels que le bateau mère valant plusieurs millions d'euros.

Barbarie

Certes, cette barbarie nuit au commerce international, mais la plupart des armateurs préfèrent se soumettre à la loi de l'omerta sous peine de rompre leur contrat avec les affréteurs. Ce qui profite davantage au phénomène. Dans le monde, l'on localise quatre zones rouges de la piraterie. Il s'agit respectivement des Caraïbes, du Golfe de Guinée, de la Corne de l'Afrique et de l'Asie du Sud-Est. Mais l'Océan Indien inquiète particulièrement. De la Somalie, Nigéria, Mogadiscio, Kenya, Mombasa, Tanzanie, en passant par Dar es-Salaam, quasiment tous les navires, quel que soit leur type, passent à un level de sécurité très élevé. Et ils ont bien raison.

Rien qu'en 2007, selon toujours le rapport du Bureau Maritime International, 445 attaques se sont produites pour la plupart dans l'Océan Indien. Le même rapport fait état de 292 individus pris en otages. Le dernier enregistré, et d'ailleurs très médiatisé, fut le Ponant, un navire français qui s'est fait attaquer par les « barbes noires » (images des pirates) au large de la Somalie. Madagascar, quant à lui, ne serait pas épargné par le phénomène avec ses côtes riches de plus de 590 km. Quoique pour l'instant, la piraterie n'ait encore rien d'inquiétant.

Retour en force

Néanmoins, avec l'état actuel des choses, il est temps de faire face à la menace qu'apporte la piraterie dans l'Océan Indien, loi de proximité étant. Certes, il y a déjà la brigade nautique de la gendarmerie nationale qui a bien brillé par ses actions, ces derniers temps, en sauvant des personnes en péril et en interceptant des Comoriens clandestins. Mais la question se pose si la même branche pourrait faire face à la piraterie moderne - de surcroît très équipée - avec ses quelques...vedettes rapides. Idem, les quelques éléments de la police du service anti-terroriste sont-ils en mesure d'éventer tous les projets de piraterie maritime dans la côte malgache très vaste ? Car, bien entendu, la piraterie pourrait être très bien liée au terrorisme. Oui, il est temps d'en prendre note. Car les forbans sont...de retour. Pour de vrai.

(source wikipédia)

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