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6 Mai 2008
Libreville — Le Burundi connaît un changement profond avec l'instauration au début des années 90 du multipartisme. Cette première période de transition, conduite par le Président Pierre BUYOYA s'achève par l'organisation des premières élections de l'histoire du pays en juin 1993...
Président de la République: Mr Pierre NKURUNZIZA
Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale: Mme Antoinette BATUMUBWIRA
Superficie : 27.830 km2Population : 7,5 millions d'habitantsCapitale : BujumburaVilles principales : Bujumbura, Gitega, Ngozi
Langues officielles : Français, kirundiMonnaie : franc burundais (1 euro= 1250 BIF)Fête nationale : 1er juillet
RAPPELS HISTORIQUES:
Le Burundi connaît un changement profond avec l'instauration au début des années 90 du multipartisme. Cette première période de transition, conduite par le Président Pierre BUYOYA s'achève par l'organisation des premières élections de l'histoire du pays en juin 1993. Elles portent au pouvoir Melchior NDANDAYE et une Assemblée nationale où le Front Démocratique Burundais (FRODEBU), (Parti à dominante hutu) dispose de la majorité absolue.
Le 21 octobre 1993, une tentative de coup d'Etat menée par des officiels de l'armée burundaise et l'assassinat du Président NDANDAYE ouvrent une crise politique qui dégénère en guerre Civile.
Une résistance armée s'organise sur l'ensemble du territoire. La mort simultanée des Présidents burundais et rwandais dans l'attentat du 06 avril 1994, le génocide rwandais et ses conséquences déstabilisatrices sur le Burundi (afflux des réfugiés) aggravent encore la situation sous la pression de l'armée. Pierre BUYOYA est à nouveau porté au pouvoir le 25 décembre 1996.
PROCESSUS DE PAIX AU BURUNDI
Entamés en juin 1998, interrompus par le décès en octobre 1999 du médiateur tanzanien Julius NYERERE, les pourparlers d'Arusha ont été relancés par la désignation, le 1er décembre 1999, de Monsieur Nelson MANDELA comme médiateur. Un accord politique a été conclu le 28 août 2000. Sa mise en oeuvre a été retardée en raison de la poursuite des combats par les branches armées des partis non signataires de l'accord.
La période de transition fixée par les accords de paix prévoyait 2 périodes de 18 mois et une alternance au sommet du pouvoir entre un Président tutsi et un Président hutu à l'issue de la 1ère période. Elle a commencé officiellement le 1er novembre 2001 sous la direction d'un Président tutsi, Pierre BUYOYA à l'issue d'une alternance pacifique.
La mise en place du gouvernement de transition s'est accompagnée du déploiement d'une force intérimaire de maintien de la paix (2870 hommes sud africains, éthiopiens et mozambicains) sous l'égide de l'Union Africaine (MIAB). Sa transformation en opération de maintien de la paix des Nations Unies (ONUB) dirigée par Madame Carole MC ASKIE, est intervenue le 1er juin 2004.
Un Accord sur le partage du pouvoir post transition est intervenu, sous l'égide de l'Afrique du Sud, le 5 juillet 2004 à Prétoria.
C'est sur la base de cet accord que la Constitution pour la période post transition a été élaborée et adoptée par un référendum en février 2005.
Malgré deux reports successifs de calendrier, l'ensemble des élections (municipales, législatives, sénatoriales et présidentielles) prévues par les accords de paix ont eu lieu entre mars et août 2005.
Malgré des incidents circonscrits à deux provinces, les scrutins se sont tenus en présence d'observateurs internationaux (UE, UA, OIF,) et dans des conditions de transparence saluées par la communauté internationale.
Ces élections ont donné une large victoire au CNDD-FDD dont le candidat Pierre NKURUNZINZA a été élu le 19 août 2005 par le Parlement burundais, à la présidence du Burundi.
L'aboutissement de la transition burundaise était porteur d'espoir pour l'ensemble de la région des Grands Lacs. Elle a été un succès pour l'UA et les Nations Unies qui ont fortement soutenu le processus de paix.
Par ailleurs, la rébellion du FNL, principalement active dans la province de Bujumbura rural, a continué la lutte armée et a refusé le processus de paix, conservant ainsi un pouvoir de nuisance important. En août 2004, le FLN a revendiqué le massacre de 160 réfugiés congolais dans le camp de Gatumba. Des négociations de paix entre les autorités burundaises et le FNL ont commencé le 29 mai 2006 à Dar es Salam, les autorités sud africaines et tanzaniennes jouant le rôle de facilitateur.
Depuis le 17 avril 2008, les rebelles des FNL ont lancé une offensive sur Bujumbura et dans quatre provinces de l'Ouest du pays faisant 38 morts. Cette reprise des hostilités illustrent des dissensions inconciliables entre Bujumbura et la rébellion des FNL et fait s'éloigner les perspectives d'une paix durable inquiétant la population.
Dix-huit (18) mois après la signature d'un accord de cessez-le-feu Gouvernement et FNL en Tanzanie, le processus de paix au Burundi bute toujours sur la question des négociations et de l'immunité.
Les rebelles burundais exigent un accord de partage de pouvoir politique et militaire. Ce que le Gouvernement rejette catégoriquement, de même qu'il refuse d'adopter une nouvelle loi pourtant immunitaire en faveur des FNL, estimant que cela a été fait en 2006.
Le Conseil de Sécurité de l'ONU a condamné les violences au Burundi qui font craindre le retour à la guerre civile, et menacé de sanction ceux qui remettraient en cause la paix et la stabilité.
Le Conseil condamne le recours à la violence et appelle de nouveau les deux parties à respecter scrupuleusement le cessez-le-feu conclu le 7 septembre 2006.
POLITIQUE EXTERIEURE
L'engagement des négociations d'Arusha et la signature de l'Accord de paix en août 2000 ont permis d'améliorer les relations du Burundi avec les Etats voisins regroupés au sein de l'initiative régionale de paix pour le Burundi, principalement menée par l'Ouganda, la Tanzanie et l'Afrique du Sud.
Le Burundi devrait rejoindre prochainement l'EAC (Communauté Est Africaine). Organisation de coopération économique régionale qui réunit aujourd'hui l'Ouganda, le Kenya, et la Tanzanie.
La crise des Grands Lacs :
Le ralliement au processus de paix des principales rebellions burundaises qui utiliseraient l'Est de la RDC comme une base arrière, a permis un apaisement des relations entre les 2 pays. Le Burundi a rejoint, en août 2005, le cadre des consultations tripartites entre la RDC, le Rwanda et l'Ouganda pour accélérer le désarmement des groupes armés qui restent actifs dans la région.
L'Union Européenne :
Qui dispose d'un envoyé spécial pour l région des grands lacs (Aldo Ajella) a fortement soutenu le processus d'Arusha. Elle a notamment financé le déploiement d'observateurs militaires de l'UA (1,23 millions d'euros)
L'Union Africaine :
L'UA a décidé de déployer sa 1ère opération de maintien de la paix au Burundi, la mission interafricaine au Burundi (MIAB). Sa présence a permis d'aider au respect du cessez-le -feu le 1 décembre 2002 et au cantonnement des combattants. Une OMP des Nations Unies a pris le relais le 1er juin 2004.
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