Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Les Kinoises refusent d'être « femmes sans bijoux »

ALICE LUTALA

7 Mai 2008


Kinshasa — La femme, dans la recherche des atouts pour la beauté, a adopté le port de bijoux pour s'embellir.

Loin d'être un simple accessoire pour la beauté, les bijoux ont acquis une valeur économique. Tant pour « paraître » que pour les avoir, la femme refuse à tout prix d'être « femme sans bijoux ».

A Kinshasa, il est difficile de parcourir 100 mètres sans apercevoir quelqu'un qui porte des bijoux. Le marché Gambela et le marché Central sont les lieux de prédilection où les Kinois vont acheter des bijoux. Sont considérés comme bijoux, les bagues, les chaînettes, les boucles d'oreilles, les médaillons, les gourmettes, les montres et bracelet en or.

A chaque époque, il y a de modèles de bijoux qui apparaissent. Actuellement, on retrouve sur le marché les modèles tels que « ange, quartier, cordelette) pour les chaînettes ; Versace, écritures arabe et chinoise, huit huit pour les boucles d'oreilles et médaillons ainsi que « V », « chevalier », « jeu de huit » et « de six », « madame » pour les bagues.

Les bijoux en or constituent une fortune pour ceux qui en possèdent. C'est une autre façon d'économiser son argent. Patience Zikanda, agent dans une banque de la place, l'affirme. « Avoir de bijoux est une autre façon de garder son argent. Car, en cas d'urgence, on peut les revendre et résoudre son problème, confie-t-elle.

Dans la même optique, Landrine Mweli, que faire dans la commune de Kinshasa affirme, pour sa part, qu'elle fait des ristournes (likelemba) pour s'acheter des bijoux. « Présentement, je n'ai que deux chaînettes : un quartier et un ange. Et je ne compte pas m'arrêter là, je dois encore en ajouter », signale-t-elle.

Selon Fédé Lokwa, grossiste au pavillon 5 du marché Central de Kinshasa, le commerce est devenu très rentable il y a seulement trois ans. Et ce, parce que les bijoux en or se vendent maintenant à des prix accessibles à toutes les bourses. « Avec 25$, on peut s'acheter une chaînette « ange ». Les bijoux en or se vendent très bien depuis un certain temps à Kinshasa. Même les Brazzavilloises traversent pour s'en procurer ».

Fédé Lokwa attribue cette accessibilité au fait qu'actuellement, les bijoux sont importés d'Asie alors qu'avant, ils provenaient d'Europe.

Vendeuse en détail dans le même marché, Bébé Bola estime que la vente de bijoux est un commerce très difficile. Selon elle, tous ceux qui les entourent ne viennent pas nécessairement pour acheter mais aussi pour voler. Elle signale également que ceux qui revendent leurs bijoux s'adressent très souvent aux détaillants et non aux grossistes. « Nous préférons négocier avec ceux qui revendent pour avoir un peu plus de bénéfice. Mais, cet argent nous le partageons avec les vendeurs ambulants, confie-t-elle.

Le port de bijoux de luxe n'est pas sans danger à Kinshasa. Il suscite la convoitise des voleurs dans les places publiques. Bon nombre de Kinoises en sont victimes.

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