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Ile Maurice: Le manque de compétences s'accentue dans les services financiers
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L'Express (Port Louis)
7 Mai 2008
Publié sur le web le 7 Mai 2008
Alain Barbé
Port Louis
Si l'offshore mauricien et les services d'externalisation continuent à croître au même rythme, ce n'est pas le cas pour les professionnels dont ils ont besoin. Le «Chief Executive Officer» de la FSC tire la sonnette d'alarme.
Milan Meetarbhan, CEO de la FSC, pense qu'il y a une surenchère de salaires dans ce secteur.
Le secteur des services financiers et du global business, qui est en pleine expansion, fait face à un problème aigu : le manque de personnel qualifié.
«Ce talent crunch constitue une contrainte majeure à l'expansion des entreprises. Plusieurs opérateurs, notamment des management companies, comptent refuser d'opérer dans de nouveaux créneaux ou d'être plus sélectifs dans l'acceptation de nouveaux clients parce qu'ils ne sont pas sûrs de pouvoir maintenir le niveau de la qualité de service par manque d'effectifs», estime Milan Meetarbhan, chief executive officer (CEO) de la Financial Services Commission (FSC).
«Ces opérateurs envisagent même d'avoir recours à l'outsourcing étranger. C'est paradoxal car un des principaux objectifs de Maurice en se positionnant comme un centre financier international était de créer plus d'opportunités pour nos professionnels. Le staff turnover est une préoccupation majeure tant pour les opérateurs que pour les régulateurs. Cela inquiète les secteurs privé et public.»
Milan Meetarbhan estime qu'il existe une surenchère de salaires dans ce secteur - qui connaît une très grande mobilité - et le service public n'est pas épargné. Si les opérateurs doivent rester compétitifs et améliorer la qualité des services proposés, ajoute-t-il, le niveau du cadre réglementaire et du personnel de supervision des services et de réglementation doit être constamment rehaussé pour maintenir la réputation du pays comme place financière. «Le secteur public n'est pas en mesure de mettre en place une politique de rétention du personnel. Avec le dynamisme que connaît le secteur financier, les cadres qui ont exercé pendant quelques années au sein d'un régulateur ont un premium sur le marché.»
Attirer et retenir
L'expansion du secteur des services financiers et surtout son internationalisation avec une plus grande part de services destinés à l'exportation passeront par une croissance significative du personnel. Croissance qui se fera par un recrutement local et international. Milan Meetarbhan considère que la politique de ressources humaines dans le secteur financier devra à la fois attirer et retenir les professionnels mauriciens et étrangers. Il considère qu'une meilleure formation, plus spécialisée et adaptée aux besoins du pays, est indispensable.
Point de vue partagé par Pravin Gowry, head of operations à Optimum Outsourcing Ltd, qui estime qu'il y a un manque de personnes qualifiées pour certaines opérations de cette société. «Si pour le traitement de données, il n'y a pas de problème, par contre, ce n'est pas le cas pour le développement de logiciels et de transcription. Nous avons essayé de recruter des gens de l'Inde, mais cela n'a pas tellement marché. Nous avons eu recours aux services d'experts étrangers pour des cours de formation et signé un protocole d'accord avec l'Université de Technologie pour une coopération au niveau de la formation.»
Besoin urgent de formation
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La compétition est féroce, avec les Philippines, l'Inde et l'Egypte. Mais c'est la qualité du produit mauricien qui fera la différence, si Maurice veut devenir un marché incontournable dans le secteur du Business Process Outsourcing (BPO).
Ravi Padaruth, managing director de Transcontinental Accounting Services Ltd (TAS), a toutefois un autre point de vue. TAS est engagée dans le traitement de données comptables pour les marchés européen et américain. «Il n'y a pas un manque de professionnels à proprement parler dans le BPO. Mais il faut former les gens. C'est vrai qu'il nous manque certaines compétences spécifiques qu'on doit importer. Nous sommes en expansion et nous espérons arriver à un effectif de 300 personnes, contre 30 actuellement, dans 12 à 18 mois. Il y a énormément d'opportunités pour les jeunes dans ce secteur.»
Pas de souci non plus du côté d'Accenture Mauritius Ltd, dont les activités sont essentiellement la sous-traitance de dossiers liés aux finances et à la comptabilité. «Nous n'avons pas de problèmes pour trouver des ressources qualifiées au niveau des opérations et du management. Nous embauchons des détenteurs de SC et HSC mais aussi ceux qui ont des diplômes universitaires. La collaboration avec l'Empowerment Programme a donné des résultats concluants», affirme Josie Lapierre, directrice du centre BPO d'Accenture à Maurice.
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