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Afrique: Pas de dons en nature - le Canada change de politique en matière d'aide alimentaire
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UN Integrated Regional Information Networks
6 Mai 2008
Publié sur le web le 7 Mai 2008
Johannesburg
Le Canada est le dernier grand bailleur de fonds en date à distinguer, désormais, l'aide alimentaire internationale du soutien apporté à ses propres agriculteurs.
Le pays a annoncé qu'il n'insisterait plus pour envoyer ses propres produits agricoles aux populations des pays, de plus en plus nombreux, frappés par la hausse des prix des vivres et du carburant. Le Canada versera désormais des fonds aux organisations humanitaires, pour qu'elles puissent se procurer des vivres à meilleur prix dans la région ou le pays bénéficiaire.
Depuis que le Canada a « délié » son aide alimentaire en annulant les restrictions imposées sur la provenance des vivres achetés, les Etats-Unis, premier donateur mondial de vivres, restent le seul pays développé dont l'aide alimentaire est encore soumise à conditions.
« Compte tenu de la hausse du prix du carburant, qui grève les budgets consacrés à l'aide alimentaire autant que la hausse du prix des denrées alimentaires, il importe plus que jamais de délier l'aide alimentaire d'urgence, pour pouvoir économiser des fonds de plus en plus rares et assurer une intervention plus rapide », selon Christopher Barrett, professeur d'économie du développement à l'université Cornell de New York, qui a co-écrit le livre Food Aid After Fifty Years: Recasting Its Role (L'Aide alimentaire, cinquante ans après : repenser son rôle).
Le Canada a également annoncé qu'il consacrerait 230 millions de dollars américains aux programmes d'aide alimentaire, rejoignant ainsi le Royaume-Uni, l'Union européenne et le Japon, qui se sont eux aussi engagés à verser des sommes semblables pour juguler la crise actuelle.
« Pourvu que le Congrès américain [qui étudie actuellement la proposition du président George Bush de verser 770 millions de dollars supplémentaires d'aide pour nourrir les populations affamées de la planète] suive l'exemple du Canada », a déclaré M. Barrett.
La quasi-totalité de l'aide alimentaire accordée par les Etats-Unis est soumise à diverses conditions nationales en matière d'approvisionnement, de transformation alimentaire et d'expédition. Ainsi, selon M. Barrett, le contribuable américain paie plus de deux dollars pour envoyer un dollar d'aide alimentaire en nature.
« Ce qu'implique [la mesure annoncée par le Canada], c'est qu'il devrait importer avant tout d'assurer la sécurité alimentaire de ceux qui ont faim dans les pays en voie de développement, d'offrir un soutien qui permette d'encourager les producteurs et les marchés locaux, et de chercher à mieux utiliser les ressources disponibles à l'heure où les fonds se font rares »
Nourrir ceux qui ont faim tout en développant le secteur agricole
« Ce qu'implique [la mesure annoncée par le Canada], c'est qu'il devrait importer avant tout d'assurer la sécurité alimentaire de ceux qui ont faim dans les pays en voie de développement, d'offrir un soutien qui permette d'encourager les producteurs et les marchés locaux, et de chercher à mieux utiliser les ressources disponibles à l'heure où les fonds se font rares », a noté Edward Clay, associé principal de recherche à l'Overseas Development Institute (ODI), une cellule de réflexion britannique.
Le Canada fournit une aide alimentaire depuis les années 1950, et la quasi-intégralité de cette aide provenait auparavant du Canada même, a-t-il fait remarquer. En 2005, toutefois, lorsque la communauté internationale a signé la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide, en vertu de laquelle les pays riches se sont engagés à retirer les conditions imposées sur l'apport des aides et à promouvoir l'agriculture et les marchés des pays bénéficiaires, le Canada a annoncé qu'il délierait la moitié de son aide alimentaire.
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Des profits phénoménaux
Selon M. Barrett, grâce aux prix actuellement élevés des denrées alimentaires et du carburant, l'agrobusiness et les compagnies de navigation maritime des Etats-Unis « engrangent des profits phénoménaux, alors, il est de moins en moins justifiable de protéger les bénéfices inattendus que la politique américaine actuelle en matière d'aide alimentaire leur a permis d'obtenir ».
D'après David Snider, porte-parole de l'Agence américaine d'aide au développement international (USAID), l'administration Bush a proposé que 25 pour cent de l'aide alimentaire soit versée par le gouvernement américain sous forme de fonds, pour permettre aux pays bénéficiaires d'acheter des denrées alimentaires sur les marchés locaux ou régionaux.
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