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Cameroun: Yaoundé - ces monuments qui passent inaperçus


Cameroon Tribune (Yaoundé)
 

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Cameroon Tribune (Yaoundé)

7 Mai 2008
Publié sur le web le 7 Mai 2008

Josiane R. Matia

S'ils bénéficient aujourd'hui d'une attention certaine, ces édifices ne représentent plus grand-chose pour certains.

Pour celui dont le dernier passage du côté du monument de la Réunification, au quartier Ngoa-Ekellé date d'un an, le contraste est saisissant. La saleté et la broussaille ont fait place à un jardin aux fleurs bien taillées. Le vieillard entouré d'enfants et tenant un flambeau semble avoir pris un coup de jouvence. Mais un coup d'oeil appuyé permet de constater les traces du temps. D'ailleurs, le monument principal en forme de spirale n'a pas vraiment changé. Les escaliers et le sol présentent toujours des fissures. Mais il est indéniable qu'il est mieux entretenu. Des agents de la Communauté urbaine de Yaoundé confirm ent qu'ils sont chargés de la réhabilitation du bâtiment. Pour le plus grand soulagement des Yaoundéens. « Ce monument représente beaucoup pour nous et ça faisait mal de voir à quel point il était peu considéré», déclare Olivier Tamfo, enseignant.

Difficile effectivement de rester indifférent à l'attention dont bénéficient les rares monuments de notre capitale. Que ce soit la « Place an 2000 » ou le « monument Leclerc » à la Poste centrale. Un accent particulier est mis sur les pelouses et fleurs apportant une note plus gaie aux ouvrages. Certains endroits sont même fermés au public pour conserver les plantes dans leur état. Il était donc plus que temps, serait-on tenté de dire, au vu de l'état de délabrement qu'affichaient ces édifices. « Le plus dur sera de les entretenir régulièrement», affirme Thomas Famkong, architecte.

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On peut en effet verser une larme devant les actes d'incivisme posés par certains citoyens. Le monument de l'Abbia, inauguré il y a moins d'un an, a fière allure de loin. Mais en s'approchant, on constate des traces de pieds sur le mur. La peinture se craquelle et des ordures s'amoncellent sur la pelouse. Si son jardin est bien entretenu, le monument Jamot pour sa part affiche triste mine, du fait de la peinture toute écaillée. Au niveau du monument de l'Indépendance en face de l'Hôtel de ville, l'eau s'est attaquée depuis longtemps à l'édifice en marbre. Certaines mosaïques représentant les dix provinces sont difficiles à déchiffrer. « Cette situation existe parce que les gens ne s'y intéressent plus », estime Thomas Fankong..

Le monument « Charles Atangana » n'y échappe pas. Une foule impressionnante occupe les bancs et escaliers du jardin assez bien entretenu. Mais la présence de la statue de ce héros national semble anecdotique. «Honnêtement, je n'ai su qui il était que récemment », lance une jeune fille. Si le temps semble l'avoir touché, Charles Atangana est toujours debout, fier, défiant le temps et l'irrespect de certains. Comment interpréter en effet qu'on dépose des objets divers, d'une propreté douteuse, à ses pieds ? « Ce n'est que de l'ignorance. Les jeunes ne savent pas que ces édifices sont là pour commémorer des évènements qui ont fait de notre pays ce qu'il est aujourd'hui», déplore Olivier Tamfo.

Aujourd'hui, au lieu de susciter le patriotisme, les monuments servent d'aires de repos et de décors pour des prises de vues. D'ailleurs, sur le monument du rond-point Bastos, des photographes peu scrupuleux ont inscrit leur numéros de téléphone à même l'oeuvre. Des mendiants trouvent un abri provisoire alors que les élèves ont découvert en l'endroit un bon raccourci pour éviter de faire le tour du rond-point. Pour justifier son désintérêt, Martine Assongmo, étudiante, affirme qu'elle ne sait pas trop à quoi renvoient les monuments « aux formes bizarres qu'on voit. Je n'y comprends rien. De plus, une grande partie de ces édifices sont dédiés à des personnalités occidentales. Ce n'est pas normal. Vogt, Leclerc ou Jamot ne représentent rien pour ma génération ». Rare exception, la grotte mariale du Mont-Febé qui, sans être historique, demeure un monument qui attire de nombreux croyants.



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