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Soudan: Les bombardements au Darfour remettent en question le processus de paix
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UN Integrated Regional Information Networks
7 Mai 2008
Publié sur le web le 7 Mai 2008
Khartoum
Quelques jours seulement après que les Nations Unies et l'Union africaine (UA) ont qualifié d'inacceptable le bombardement aérien de plusieurs villages et marchés du Darfour par les avions du gouvernement soudanais, au moins 13 personnes auraient trouvé la mort au cours du bombardement d'une école primaire et d'un marché de l'Etat du Nord-Darfour.
Le bombardement aérien, les 3 et 4 mai, de l'école de Shegeg Karo par des avions Antonov, est survenu alors que les élèves étaient en classe, selon une déclaration de Darfur Diaries, une organisation non-gouvernementale (ONG) qui finance le centre éducatif.
Le 2 mai, le général Martin Luther Agwai, commandant de la force des Nations Unies et de l'Union africaine au Darfour (MINUAD), a condamné les bombardements d'Oum Sidir, d'Ein Bassar et de Shegeg Karo. Ces attaques, a-t-il déclaré, aggravent l'ampleur des déplacements, de l'insécurité et des innombrables souffrances des populations.
Selon les Nations Unies, les zones ciblées, sous le contrôle de l'Armée de libération du Soudan, ont été le théâtre « de frappes aériennes répétées et peut-être également d'affrontements entre le gouvernement et les forces rebelles, ces quelques derniers jours ».
Ces dernières violences remettent en doute la viabilité de l'Accord de paix du Darfour (DPA), signé il y a deux ans après la dernière phase de négociations entre les factions rebelles et le gouvernement soudanais.
Le DPA prévoit le désarmement [des milices armées] et établit un cadre pour le partage des richesses et des pouvoirs. Il prévoyait également l'octroi aux signataires rebelles du quatrième poste le plus important au sein du gouvernement et la création de zones tampons autour des couloirs consacrés aux populations déplacées et à l'aide humanitaire.
A la dernière minute, pourtant, seul l'un des trois groupes rebelles qui existaient alors avait signé l'accord d'Abuja.
« [Le DPA] n'a pas apporté de différence positive du point de vue de la paix, de la stabilité et de la sécurité dans la région du Darfour, et bon nombre de gens diraient même qu'à certains égards, le DPA a aggravé la situation », a expliqué à IRIN Laurie Nathan, membre de l'équipe de médiation de l'UA à Abuja, au Nigeria.
« Entre autres, [le DPA] a abouti à une fragmentation des mouvements rebelles », a-t-il ajouté, en allusion au morcellement des trois groupes principaux en plus de 28 factions séparées, se disputant toutes le statut de partenaire de négociation.
M. Nathan a également indiqué que l'échec du DPA « avait amené certains groupes rebelles à se méfier des pourparlers de paix ».
Navettes diplomatiques
Pour redonner vie au processus de paix, les Nations Unies et l'UA ont nommé Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim aux postes d'envoyés spéciaux en décembre 2006. Toutefois, tous les rebelles ne sont pas encore retournés à la table des négociations, puisque seuls sept groupes ont assisté aux dernières négociations, tenues à Syrte, en Libye, en octobre 2007.
« Il n'y a aucun doute que [les membres de l'équipe de médiation actuelle ont] saisi l'importante et terrible nécessité de se montrer patients ; [l'équipe a compris] que se contenter de rédiger un accord pour les parties ne nous mènera absolument nulle part si les parties ne s'engagent pas à appliquer cet accord », a souligné M. Nathan.
Selon des sources membres de l'équipe de négociation, MM. Eliasson et Salim pratiquent tous deux la diplomatie de la navette pour venir à bout de la méfiance qui règne parmi les groupes rebelles.
Pour Theodore Murphy, expert du Darfour au Centre for Humanitarian Dialogue, un groupe de médiation genevois, « en un sens, il s'agit d'un pas en arrière, mais aussi d'un pas en avant, car cela permettra peut-être de faire tomber dès maintenant les barrières qui séparent les différents groupes ».
Lorsque ce sera terminé, a-t-il ajouté, « ils accepteront peut-être de s'asseoir autour d'une table et de discuter ».
La société civile et les groupes arabes, largement ignorés au cours du premier processus de paix, ont été invités à se joindre aux négociations actuelles pour encourager une participation plus générale au processus.
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