Hanitra R.
7 Mai 2008
Caractéristiques de la situation malgache : trop peu de sage-femmes, beaucoup d'accouchements non-assistés par un personnel qualifié en milieu rural et surtout, beaucoup trop d'avortements clandestins. Sept « pères » sur dix incitent leur petite amie à se faire avorter
Rien que dans une grande maternité publique d'Antananarivo, le personnel accueille environ 35 femmes par jour, admises pour des motifs en rapport avec l'avortement, toutes causes confondues, certes, mais certaines d'entre ces patientes viennent ou ont été évacuées dans l'établissement après des complications suite à un avortement clandestin. Cette situation montre l'ampleur de ce problème de santé maternelle, pour ne parler que de la capitale.
En effet, les femmes concernées par la question de l'avortement clandestin, sont majoritairement des jeunes filles, encore sur les bancs de l'école et bien sûr, célibataires. Nombre d'entre elles sont même des adolescentes de 14 ou 15 ans. Un cabinet privé dont nous tairons le nom, affirme même recevoir toutes les semaines au moins une demi-douzaine de jeunes filles dont le motif de consultation est le désir de se faire avorter. Ici, les explications fournies font état d'une décision d'avoir recours à l'avortement, incitée plus par le « père » du bébé que par la jeune fille concernée.
Il s'agit, en fait, de jeunes couples qui n'en sont qu'à leurs premières expériences sexuelles et qui, généralement, par manque d'information, parfois par pure négligence (pilule oubliée, non recours au préservatif, etc...) se retrouvent confrontés au problème de grossesse non désirée. Et ce même cabinet médical de confier que sept fois sur dix, ce sont les jeunes hommes, qui incitent leur jeune amie, qui se retrouve enceinte, à se faire avorter. Par peur des parents, de la famille, de la suite d'une grossesse menée à terme et de l'avenir, les jeunes couples décident de « résoudre » leur problème secrètement et sont ainsi facilement tentés par l'avortement clandestin. Avec les risques que cela comporte.
Et pourtant, la loi interdit toujours l'avortement à Madagascar, et même l'avortement thérapeutique ne se fait que dans des conditions très particulières. Mais apparemment, rien de tout cela ne fait reculer les jeunes couples décidés à y avoir recours, et encore moins ceux qui pratiquent ce type d'intervention qui, eux aussi, y trouvent leur compte. Avec une fourchette de prix située entre Ar 40 000 et plus de Ar 150 000 pour des interventions soi-disant plus « sécurisées », l'activité est évidemment plutôt rentable...
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