Karima Mokrani
7 Mai 2008
Un projet de loi modifiant et complétant la loi N°85-05 du 16 février 1986, relative à la protection et à la promotion de la santé, a été soumis hier au débat au niveau de l'Assemblée populaire nationale (APN). Le projet, présenté aux représentants du peuple, porte principalement sur la création d'une «agence nationale des produits pharmaceutiques à usage de la médecine humaine».
Une autorité administrative indépendante qui sera chargée, après la promulgation de la nouvelle loi, d'assurer la régulation du marché des produits pharmaceutiques et de veiller au respect des lois et des règlements relatifs aux activités de la pharmacie. Confier cette mission à cette nouvelle agence n'enlèvera toutefois en rien, indique le premier responsable du secteur, M. Amar Tou, au ministère son rôle de contrôle sur ces produits pharmaceutiques. Ce que les députés n'arrivent pas à comprendre, selon leurs propres dires, estimant que, si cette nouvelle autorité est indépendante, le ministère ne pourra plus intervenir directement dans ce même domaine. Les députés affirment, en fait, que la relation entre le département de M. Tou et cette agence n'est pas claire.
Le député M. Yaïci Rachid, du Mouvement du renouveau national (MRN), estime, de son côté, que le travail confié à cette nouvelle agence est purement technique. Il faudrait donc désigner des techniciens, et non pas des administratifs, pour assurer convenablement ce travail. Il faudrait surtout, comme c'est le cas de l'Agence française de normalisation (Afnor) -qui a inspiré ce projet de loi- rajouter à cette agence des laboratoires spécialisés (Laboratoire national de l'équipement médical, Laboratoire national des essais, Laboratoire national de santé et Centre national de l'équipement hospitalier).
Le député du MRN relève que le projet de loi soumis au débat ne fait pas référence à ces laboratoires spécialisés. Entre autres modifications introduites, «les produits pharmaceutiques et les dispositifs médicaux, à usage de la médecine humaine, ne peuvent être importés, fabriqués ou exportés que par des établissements pharmaceutiques publics ou des établissements pharmaceutiques privés agréés. Leur distribution s'effectue uniquement en gros par des établissements publics ou des établissements privés agréés et au détail par des officines de pharmacie».
A ce propos, ont relevé des députés dans leurs interventions, un monopole sur l'importation des produits pharmaceutiques ne cesse de se développer en Algérie depuis l'ouverture du marché au privé. Un monopole qui n'est pas sans conséquences sur la politique nationale du médicament.
Un député du RCD s'est dit outré par le fait que la production nationale du médicament ne représente que 30% des besoins nationaux en la matière, alors que l'Etat dégage annuellement une somme de 1,2 milliard d'euros pour investir dans ce domaine. Aussi, constate le député du RCD, «la production nationale ne concerne que 100 médicaments, alors que les produits d'importation sont près de 500».
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