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Algérie: Livraison du téléphérique de Constantine
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La Tribune (Algiers)
7 Mai 2008
Publié sur le web le 7 Mai 2008
A. Lemili
Constantine
Quel crédit accorder aux engagements des responsables locaux ?
«Nous en prenons l'engagement formel. Le téléphérique sera livré aux Constantinois le 27 décembre 2007.» Ces propos ont été tenus au sein du cabinet du wali il y a une année jour par jour par A. Yahiouche, cadre agissant au nom de l'Entreprise du métro d'Alger et subséquemment directeur régional chargé du pilotage du projet à Constantine pour le compte de ladite entreprise.
Bien évidemment et aurait-il fallu pour autant s'étonner d'un engagement que le citoyen lambda et les journalistes présents savaient pertinemment pris allègrement par un responsable qui n'avait aucune emprise sur la réalité... et que l'avenir allait superbement contredire pour ne pas dire confondre.
Point de téléphérique par voie de conséquence à la date convenue et encore moins «avant la fin de l'année», selon cet autre engagement pris par le wali face aux nouveaux élus locaux qu'il installait au cours de la deuxième semaine de décembre. M. Boudiaf faisant vite, toutefois, de préciser : «Pour les premiers essais techniques.» Ce qui importait déjà si peu aux yeux des habitants désabusés et rompus aux engagements galvaudés des représentants des pouvoirs publics locaux et du respect des délais pour ne pas dire incompressibles... totalement élastiques qu'ils s'autorisaient sans aucune forme de pudeur. Car, il n'y avait pas qu'uniquement le téléphérique. Est-il besoin de citer le stade Hamlaoui, le tramway, le parking à étages de l'avenue Zaamouche, le parc de loisirs de l'avenue Zaabane, la restauration de la vieille ville, la réhabilitation du palais de la culture, le viaduc ou transrhumel, le transfert du site de la ferraille de Guettar El Aïech, etc. Lors d'un direct de l'ENTV à partir de Constantine, Soraya Bouamama allait même insister pour obtenir la réponse à la question d'un journaliste que le wali voulait visiblement éluder.
«Le téléphérique sera fonctionnel le 16 avril», dira A. Boudiaf comme il prendra tant d'autres engagements à cet horizon censé couronner la visite du président de la République.
L'annulation de cette visite sera imputée par des confrères à une question sécuritaire quoique vraisemblablement ce sont tous les retards enregistrés ici et là qui, heureusement, ont conduit le staff du chef de l'Etat à reporter sine die un déplacement quasi monacal auquel il n'a dérogé en l'espace de neuf années qu'une seule fois. S'agissant du téléphérique une année auparavant, Abdelaziz Bouteflika avait procédé à la pose de la première pierre. Ce qui, en réponse à l'une de nos questions autour du même sujet, fera dire à M. Yahiouche : «Nous ne sommes pas tenus de le livrer le 27 décembre pour la simple raison que le président de la République n'a posé la première pierre que le 16 avril dernier. Ensuite, le contrat n'a été signé qu'une journée auparavant et le délai de réalisation est de 12 mois. Cela nous renvoie donc au 16 avril 2008.» Exit donc d'autorité tous les précédents engagements pris par le même cadre. Ceux qui allaient suivre avaient très peu de chances d'être honorés. Ils ne le seront d'ailleurs pas puisqu'il est question aujourd'hui d'une livraison du téléphérique vers la fin du mois de juin prochain. Quotidiennement, les Constantinois ont droit au spectacle insolite d'un carrousel de cabines vides baladées entre la station mère (Tanoudji -Haï Emir Abdelkader), celle intermédiaire (CHU) et celle de la rue Tatèche.
La rumeur laisse entendre qu'un assez grave problème technique situé à la hauteur de la station intermédiaire empêcherait la livraison dans des conditions normales du téléphérique. Officiellement, il s'agirait, selon un cadre de l'Entreprise du métro d'Alger, d'«un retard qui a eu pour origine des problèmes de génie civil qui se sont répercutés telle une onde de choc sur la suite des travaux». Officieusement, d'autres agents de la même entreprise n'hésitent pas à évoquer «un défaut de consolidation de l'un des pylônes, celui situé à la hauteur du CHU».
Force est-il alors de constater avec quel dilettantisme les représentants des pouvoirs publics gèrent la chose publique, comme force est de constater l'absence de tout type de contrôle, voire de l'omniprésence de l'impunité administrative qui justifierait à son tour l'omniprésence d'une quelconque hiérarchie, d'une autorité administrative.
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Quant à une autorité morale à l'endroit de contribuables presque méprisés, autant ne pas se convaincre à prendre une vessie pour une lanterne.
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