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Burkina Faso: Trafic des enfants


L'Observateur Paalga (Ouagadougou)
 

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L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

7 Mai 2008
Publié sur le web le 8 Mai 2008

Luc Ouattara

Dix-sept gosses interceptés et trois trafiquants aux arrêts à Niangoloko

Dans le cadre de la lutte contre le trafic et l'exploitation des enfants, dix-sept enfants ont été interceptés dans la zone de Niangoloko le 17 avril dernier. Trois trafiquants ont été également appréhendés par les forces de l'ordre. L'association TON de Niangoloko et la Croix-Rouge, qui s'investissent dans la lutte contre le fléau, ont oeuvré à ramener les victimes dans leurs localités d'origine le 2 mai 2008.

Au siège de l'association TON de Niangoloko, qui hébergeait les victimes, ce sont des enfants aux mines quelque peu inquiets, voire traumatisés, que nous avons trouvés. Des soins ont été administrés à certains d'entre eux, qui étaient très souffrants. Les éléments de la Croix-Rouge étaient en pleine enquête sociale en vue de mieux connaître les motivations qui ont poussé ces gamins dans cette aventure.

Cette interception, qui est à saluer, est le fruit de la collaboration avec la police frontalière de Yendéré. Celle-ci a permis de mettre la main sur ces tout-petits et, partant des trafiquants. C'est 16 enfants que cette police a remis aux responsables de l'association. La gendarmerie de Faramana a, elle, remis une fille. Au total, ce sont donc 17 enfants, soit 14 garçons et 3 filles, qui ont été interceptés dans la zone de Niangoloko. Les 14 garçons avaient pour destination la Côte d'Ivoire. Leurs âges sont compris entre 13 et 17 ans.

Au dire de monsieur Issiaka Somandé de l'association TON, ils sont originaires du Boulkiemdé, du Kourwéogo, du Passoré, du Ziro et du Poni. La gamine avait pour destination le Mali et serait originaire de la Côte d'Ivoire.

Selon les enfants, ils partaient uniquement pour les travaux champêtres. Parmi les trois filles, une a été littéralement abandonnée à la frontière par une femme, qui a continué tranquillement son chemin, a révélé cette petite. En classe de CE2, elle avait été confiée pour être remise à ses parents en Côte d'Ivoire. Cette dernière constituait un fardeau sérieux, car ne connaissant même pas son village d'origine, se rappelant seulement qu'elle a pris le car à Ouahigouya ; elle a eu beaucoup de chance. Aux dernières nouvelles, les responsables de l'association sont tombés par hasard sur une connaissance qui était basée dans la localité de destination de cette dernière.

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« Malgré les différentes sensibilisations, le phénomène continue », regrette monsieur Issiaka Somandé. Les enfants soutiennent que c'est par manque d'activités au village qu'ils partent ainsi à l'aventure. Ils disent ignorer tout du fléau du trafic et de ses conséquences. C'est dire que l'accent doit être toujours mis sur la sensibilisation pour une meilleure maîtrise du phénomène. L'action de l'association TON en faveur de la lutte contre le trafic et l'exploitation des enfants est rendue possible grâce à l'ONG Diakonia. En raison de la limitation de ses moyens, l'association s'oriente vers d'autres partenaires, d'où la présence de la Croix-Rouge, à travers son projet de lutte contre le trafic et l'exploitation des enfants.

A la faveur de cette interception, une convention a été signée entre ces acteurs en vue d'une meilleure coordination des actions. A travers ce projet de lutte contre le trafic et l'exploitation des enfants, la Croix-Rouge burkinabè est soutenue par la Croix-Rouge Espagnole et la GENERALITAT VALENCIANA. Cette convention vise surtout à permettre le retour des éventuelles victimes du trafic dans leurs familles ainsi que leur réinsertion sociale.

Pour Naba Jérémie Wangré, assistant au projet de lutte contre le trafic et l'exploitation des enfants, les victimes qu'ils ont raccompagnées dans leur localité d'origine ce 2 mai ne seront pas, une fois sur place, abandonnées. Une étude sera entreprise pour leur réinsertion sociale, a assuré ce dernier.



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