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Burkina Faso: Beyon Luc Adolphe Tiao, président du Conseil Supérieur de la Communication
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Sidwaya (Ouagadougou)
INTERVIEW
8 Mai 2008
Publié sur le web le 8 Mai 2008
Ibrahiman SAKANDE, ibra.sak@caramail.com et Ali TRAORE, traore_ali2005@yahoo.fr
«Qu'on ne vienne pas au journalisme comme on va en balade...»
L'état des lieux de la presse burkinabè de nos jours, la portée des prix Galian, la convention collective des journalistes, la dépénalisation des délits de presse au Burkina Faso... Le président du Conseil supérieur de la communication (CSC), Beyon Luc Adolphe Tiao, parrain de la XIe édition des prix Galian, s'exprime sans détour sur ces questions dans cet entretien. Au moment où il est en partance pour Paris où il représentera le Burkina Faso, il fait une analyse du monde de la communication de son pays et pense qu'il appartient avant tout, aux journalistes de protéger leur corporation et d'amener les autres à leur faire confiance.
Sidwaya (S) : Que retenez-vous des prix Galian après une décennie d'existence ?
Beyon Luc Adolphe Tiao (B.L.A.T) : Je voudrais avant toute chose, rendre hommage aux hommes et aux femmes qui ont Å"uvré à la concrétisation de cette idée qui est devenue au fil des années, un rendez-vous pour célébrer l'excellence. En effet, les prix Galian constituent un événement majeur pour les travailleurs des secteurs de l'information et de la communication. Aujourd'hui comme à la première édition,
«La convention collective est une grande préoccupation pour nous, mais ce n'est pas une course de vitesse».
l'objectif de cette manifestation reste inchangé à savoir, stimuler le professionnalisme et la quête permanente de l'excellence. Après une décennie d'existence, on peut se satisfaire de l'organisation sans interruption de l'événement, même si l'on peut s'accorder à reconnaître que toute Å"uvre humaine est perfectible.
S. : Pensez-vous que ces prix ont apporté une amélioration dans la production des articles de presse au Burkina Faso ?
B.L.A.T : Les Galian ont permis d'une part, de découvrir de grands talents en matière d'écriture journalistique, de production et de réalisation d'émissions de qualité. D'autre part, ces prix ont constitué une sorte de catalyseur pour non seulement les lauréats qui ont compris qu'ils n'ont pas le droit de baisser la garde mais également pour les autres qui veulent prouver qu'ils ont aussi des talents. L'un dans l'autre, c'est la production nationale qui gagne en qualité.
S. : D'aucuns critiquent la façon dont le choix des meilleures productions est fait et préfèrent qu'on suive les journalistes tout au long de l'année. Quelle est la formule que vous préconisez ?
B.L.A.T : Cette question avait été longuement discutée au niveau du ministère en charge de la Communication, il y a quelques années.
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L'idéal serait en effet, de suivre les journalistes et les médias tout au long de l'année afin de distinguer les meilleurs. Mais, comme vous le savez, cette démarche nécessite la mobilisation de beaucoup de ressources humaines, matérielles et financières. Or, les moyens sont très limités. Vous observez du reste que dans certains pays, les lauréats des manifestations similaires gagnent des villas, des voitures... Je crois que si le ministre de tutelle pouvait faire la même chose, il le ferait. Il faut, je pense, avoir des ambitions mais surtout en être à la hauteur. Cela dit, c'est au fil des éditions qu'il faut développer des initiatives afin de donner un cachet plus grand à l'événement, à l'instar de ce qui se fait dans d'autres pays comme la Côte d'Ivoire pour ne citer que ce pays. Dans ce sens, on pourrait réfléchir sur la manière de parvenir à décerner un prix du meilleur journaliste burkinabè de l'année. Enfin, il serait bon de trouver une formule pour distinguer parmi les anciens qui sont encore sur le terrain, celui qui se serait investi soit dans la production, soit dans la formation des journalistes.
S. : Au moment où vous êtes en partance pour la France en tant qu'Ambassadeur, quel bilan dressez-vous du travail de la presse burkinabè ?
B.L.A.T : D'une manière générale, la presse burkinabè fait preuve de responsabilité et de professionnalisme dans le traitement de l'information. Depuis quelques années, on note une évolution positive de la qualité des hommes et des femmes des médias et du nombre des organes de presse. J'ai passé sept ans à la tête du Conseil supérieur de la communication mais nous n'avons jamais pris la décision de fermer une radio ou une télévision. Il y a certes eu des mises en demeure, des suspensions d'émissions mais nous ne sommes jamais allés au-delà. Ce constat est également observable au niveau de la presse écrite.
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