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Kenya: Marie - « Mon histoire d'un soir risque de changer ma vie pour toujours »

8 Mai 2008


Marie*, 25 ans, vient de France, mais son poste au sein d'une organisation non-gouvernementale (ONG) internationale exige souvent qu'elle se déplace en Asie ou en Afrique. C'est au cours d'un de ces voyages qu'elle a pris une décision qui risque de changer le cours de sa vie pour toujours.

« J'ai rencontré un collègue, qui travaille dans l'un de nos autres bureaux ; il avait l'air vraiment sympa et presque aussitôt que nous nous sommes rencontrés, nous avons commencé à flirter de manière éhontée. Ã ce moment-là, je ne pensais pas que ça irait beaucoup plus loin que le flirt : après tout, c'était quand même mon collègue ».

« Un soir, après une longue journée de travail, on est sortis dîner dehors, puis on est allés en boîte. On a tous les deux bu comme des trous et on est devenus encore plus excités. De fil en aiguille, on s'est finalement retrouvés au lit ».

« Nous avons utilisé un préservatif, du moins, je l'ai vu le mettre, mais quand je me suis levée, le lendemain matin, je me suis rendu compte que j'avais sur le corps ce qui ressemblait à du sperme. Je me suis demandé si le préservatif ne s'était pas percé, et je suis allée l'examiner. Je l'ai trouvé intact, mais il n'y avait pas de sperme à l'intérieur : de toute évidence, il l'avait enlevé pendant qu'on couchait ensemble ».

« Ã- ce moment, il était déjà retourné dans sa chambre d'hôtel, alors j'ai couru jusqu'à sa porte pour lui demander des explications. Au début, il a nié, mais j'ai fini par lui faire admettre qu'il avait enlevé le préservatif avant la fin de nos rapports. J'étais tellement inquiète ! Je lui ai demandé quand il s'était fait dépister pour la dernière fois, mais il n'arrêtait pas de me dire qu'il n'avait rien, qu'il était sûr d'être séronégatif ».

« Après ça, je n'ai pas arrêté de ressasser dans ma tête ce qu'il m'avait dit avant qu'on couche ensemble, comme par exemple, le nombre de femmes avec qui il avait couché ; il s'était fait passer pour un vrai play-boy. J'étais morte de peur ».

« Quand finalement, j'ai pensé à avoir recours à la prophylaxie post-exposition [un traitement antirétroviral bref et préventif], il était trop tard. Je n'ai pas peur de tomber enceinte, parce que je prends des contraceptifs. Je le lui avais dit avant. C'est peut-être pour ça qu'il a pensé pouvoir le faire sans préservatif : il savait que je ne tomberais pas enceinte ».

« Maintenant, je dois attendre six semaines [la période au terme de laquelle le VIH devient décelable] avant de pouvoir me faire dépister. Je pense qu'il y a peu de risques [que j'aie attrapé le VIH], et si je suis séropositive, je saurai faire face à la situation, mais je suis tellement en colère contre lui ! Et en plus, je vais devoir le revoir à chaque fois que j'irai dans nos [autres] bureaux !

« Je n'arrive toujours pas à croire qu'une stupide histoire d'un soir risque de changer à jamais le cours de mon existence ».

*Un nom d'emprunt

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