BIENVENU IPAN MOKUBA
8 Mai 2008
Kinshasa — Depuis quelque onze ans, les robinets de la Régie de distribution d'eau en République démocratique du Congo (Regideso), dans le quartier Mikondo situé dans la commune de Kimbanseke, ont tari. Privés ainsi d'eau potable, les habitants de ce quartier populeux recourent aux eaux de pluies et à celles des puits et rivières environnantes.
La quasi-totalité des habitants du quartier Mikondo, dans la commune de Kimbanseke, n'ont pas accès facile à l'eau de la Régie de distribution d'eau en République démocratique du Congo (Regideso). Ainsi, sont-ils obligés de parcourir de longues distances à pieds pour s'en procurer, là où il existe des raccordements en eau potable. Les uns, munis de jerricans et les autres, de bassins.
L'accès à cette eau est payant. Un bassin d'eau revient à 50 francs congolais. Un tarif qui n'est pas à la portée de toutes les bourses, constate-t-on. Face à ce dramatique constat, les habitants de ce quartier populeux se contentent de l'eau de pluies. Raison pour laquelle des pluies y sont impatiemment attendues et réclamées. « Quand il pleut abondamment et régulièrement, aucun dégât n'est enregistré à Mikondo », témoigne une maman sous le couvert de l'anonymat. Et d'ajouter : « La pluie nous permet de nous approvisionner en eau, et nous remplissons même des gobelets ».
En effet, quand une pluie s'annonce, des habitants de certaines communes de la capitale craignent d'éventuelles catastrophes naturelles. Notamment les inondations, la progression des érosions, l'éboulement de la terre, voire des pertes en vies humaines. A Mikondo, par contre, ces catastrophes naturelles n'existent pas. Car, son terrain sablonneux et parsemé d'arbres, absorbe facilement l'eau de pluies. C'est ainsi que des maisons sont protégées contre ces intempéries.
Il sied de noter qu'il y a quelques années, dans ce quartier, l'eau ne coulait des robinets que la nuit, entre 1 heure et 4 heures. Deux jours après l'entrée à Kinshasa des éléments armés de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), le 19 mai 1997, les robinets de la Regideso n'ont plus fourni d'eau.
A en croire des sources concordantes, l'AFDL aurait promis la gratuité de l'eau dans ce quartier. Mais cette promesse ne sera jamais réalisée. Les responsables de cette entreprise d'Etat vont interrompre la fourniture d'eau, par crainte de faire des manques à gagner. Après avoir entrepris des travaux visant à renforcer la pression d'eau sur l'étendue du quartier, cette entreprise se servira du prétexte selon lequel il s'agit du manque de pression suffisante dans les machines pour atteindre cet objectif.
Abandonnés par la Regideso, les habitants de ce quartier ne savent à quel saint se vouer. Le slogan de cette entreprise d'Etat « l'eau, c'est la vie » n'est, pour eux, qu'un voeu pieux. En ce début du vingt-et-unième siècle des habitant la capitale de la République démocratique du Congo, continuent à recourir à l'eau de pluies, et à celle des puits souterrains et des rivières environnantes pour assurer leur survie, plutôt qu'à celle de la Regideso. Avec risque de contracter des maladies d'origine hydrique.
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