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Algérie: Les prix du pétrole au plus haut


La Tribune (Algiers)
 

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La Tribune (Algiers)

8 Mai 2008
Publié sur le web le 8 Mai 2008

Youcef Salami

Les cours du pétrole ont atteint hier des proportions spectaculaires. En valeur, ils ont grimpé à 122 dollars. Et c'était dans les échanges électroniques en Asie. A New York, sur le Nymex, et dans les échanges matinaux, le prix du baril de «light sweet crude» pour livraison en juin perdait 4 cents à 121,80 dollars, par rapport à la clôture record de 121,84 dollars mardi 6 mai au soir. Sur ce même Nymex, le baril avait atteint plus tôt un record en séance à 122,73 dollars.

Le brent de la mer du Nord pour livraison en juin gagnait 1 cent à 120,32 dollars le baril hier matin en Asie, soit 67 cents de moins que le record en séance (120,99 dollars) atteint mardi dernier à Londres mais 1 cent de plus que le record en clôture de mardi soir sur ce même marché de Londres (120,31 dollars). Un des facteurs à l'origine de cette envolée, les opérateurs s'inquiétaient pour la production nigériane, ont indiqué des analystes, cités par l'AFP.

Les prix du pétrole ont presque doublé depuis le début 2007. En pourcentage, ils ont augmenté de plus de 20 dollars en 2008. Et ce serait une tendance haussière continuelle. Des analystes de la banque américaine Goldman Sachs, repris par l'AFP, en ont fait allusion. Ils ont publié mardi dernier une note dans laquelle ils indiquent la possibilité que le baril évolue entre «150 et 200 dollars dans les deux ans à venir». D'autres analystes comme Douglas McIntyre de 24/7 Wall Street.com ou Phil Flynn de Alaron Trading avancent le scénario d'un baril de pétrole à 150 dollars à l'automne prochain.

Pour David Moore, analyste en matières premières à la Commonwealth Bank of Australia, cité par l'AFP, l'optimisme reste de mise après les gains importants réalisés mardi 6 mai. Explication : les problèmes côté offre sont progressivement résolus, mais ils mettent en lumière les risques d'une augmentation de la production de pétrole. Les craintes sur la production se cristallisent actuellement au Nigeria, huitième exportateur mondial de brut, qui ne produit plus depuis un an qu'un peu plus de deux millions de barils par jour, soit 25% de moins que sa production normale, en raison de l'insécurité régnant dans les zones de production.

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Selon Kevin Norrish, les «pertes au niveau de l'offre», notamment au Nigeria, sont l'élément clé à l'heure actuelle dans l'envolée des cours du baril. «Et l'Iran pourrait également ajouter un élément de risque», a-t-il précisé. Ainsi, selon un analyste de BMO Capital Markets, «des rumeurs ont circulé sur les marchés d'une action américaine contre l'Iran» et ont «dopé» les cours du pétrole et du dollar. Toujours selon les analystes, le baril a également profité des récentes statistiques économiques meilleures que prévu aux Etats-Unis, qui laissent à penser que la baisse de la demande de pétrole au sein de la première économie mondiale pourrait être moins importante que ce qui était craint initialement.

La demande pétrolière mondiale est tirée vers le haut par les Etats-Unis. Mais aussi par la Chine et l'Inde, deux pays qui enregistrent des croissances à deux chiffres. Cette demande en augmentation est mise en exergue dans les analyses formulées par différentes organisations dont l'OPEP. Celle-ci estime que le marché est équilibré et que, de ce fait, il n'y a pas de raison valable pour mettre plus de pétrole sur les marchés pétroliers.

Aussi, l'organisation des pays exportateurs de pétrole, en conférence ordinaire début mars dernier à Vienne, a décidé de maintenir inchangés ses quotas de production. Et elle ne compte pas tenir une conférence ministérielle extraordinaire avant la réunion prévue en septembre prochain. Mais elle peut le faire si le marché l'exige.



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