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Bénin: L'heure du bilan à mi-parcours
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L'Autre Quotidien (Cotonou)
8 Mai 2008
Publié sur le web le 8 Mai 2008
Apollinaire Kouton
Les grandes tendances des résultats des dernières élections communales et locales sont diversement interprétées. Mais elles constituent une chance, un véritable baromètre pour le Chef de l'Etat, Boni YAYI, qui devra en tirer les leçons pour la suite de son quinquennat.
Les élections cumulées des 20 avril et les élections partielles du 1er mai derniers constituent, de l'avis de certains observateurs, une chance pour le chef de l'Etat qui s'est dépensé sans compter pendant deux ans pour mettre en oeuvre son projet de société. Ce qu'on pourrait retenir globalement, au terme de ces scrutins, c'est que la force politique sur laquelle le chef de l'Etat s'est appuyé, en l'occurrence les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ont réussi à faire un score appréciable, notamment au regard du nombre de conseillers obtenus. Cependant, pour le chef de l'Etat, l'approche devrait être certainement différente étant donné qu'il visait particulièrement le contrôle des grandes villes du pays notamment Cotonou, Abomey- Calavi, Porto- Novo, Abomey et Parakou.
C'est peut être légitime de vouloir confier la gestion des principales communes du pays à ses partisans pour en assurer le contrôle et le développement. Mais les électeurs, selon les grandes tendances diffusées, ont disposé autrement. Le cas de la commune de Cotonou, première ville du pays, est symptomatique. Dans l'ensemble, les partis dits traditionnels ont conservé leurs bastions respectifs. La Rb a imposé sa loi à Cotonou et à Abomey, dans le département du Zou, le Prd reste hégémonique à Porto-Novo et ses environs. Seule la commune de Parakou est tombée dans l'escarcelle du pouvoir. Et c'était prévisible compte tenu de la tendance politique dans cette ville depuis quelques mois. A travers les suffrages exprimés, quels messages, les électeurs ont-ils voulu envoyer au chef de l'Etat? Difficile d'y répondre. Mais les observateurs s'accordent à reconnaître qu'il y a un véritable malaise au sein des populations. Ce malaise trouve son explication dans plusieurs situations.
Elections et conjoncture économique
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Mais la véritable cause de ce malaise réside dans le pouvoir d'achat des populations qui s'est considérablement érodé, ces derniers mois, avec la flambée généralisée des prix. De ce point, les mesures d'accompagnement initiées par le gouvernement n'ont pas eu l'effet escompté. Le commun des électeurs n'a souvent pas le discernement nécessaire pour comprendre que l'inflation record constaté au niveau des denrées de première nécessité est liée à une conjoncture internationale défavorable. Il est établi en effet, sous tous les cieux, que le pouvoir d'achat des citoyens est sacré et tout ce qui y touche est souvent fatal pour les pouvoirs publics. Les manifestations de rues enregistrées de par le monde avec les « émeutes de la faim » en sont la parfaite illustration. Mais certains estiment également qu'une partie de l'électorat n'avait pas voulu simplement confié les leviers de principales villes du pays aux partisans du chef de l'Etat parce que craignant la concentration de tous les pouvoirs entre ses mains. Pour d'autres encore, le problème résiderait aussi dans le style de gouvernance et une trop grande propagande autour des activités du gouvernement ainsi qu'une certaine arrogance de son entourage qui, semble-t-il, a fini par agacer. Le vote exprimé par les électeurs de grandes villes du pays est sans doute la conjonction de plusieurs facteurs complexes dont le chef de l'Etat et ses conseillers devront trouver les explications afin d'apporter les solutions appropriées C'est pourquoi, le chef de l'Etat doit considérer ces élections comme un test, une occasion pour apporter des correctifs nécessaires à son mode de gouvernance. Cependant, il ne s'agira de tomber dans l'inertie, de céder à la démotivation et de laisser faire puisque le peuple aurait voulu ainsi. Ce n'est certainement pas là le souhait des électeurs qui, sans doute, ne rejettent pas tout de ce qui est fait depuis avril 2006. Il va falloir certainement opérer certains choix nécessaires et utiles pour que gouvernance réponde aux aspirations du plus grand nombre.. Le plus urgent, semble-t-il, est l'ouverture du gouvernement aux tendances politiques qui contrôlent les grandes villes afin d'associer le plus grand nombre à la gestion du pays. Mai cela devra se faire avec beaucoup de circonspection pour ne pas irriter davantage l'opinion publique.
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