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Sénégal: Le monde entier est confronté à de graves inquiétudes de survie.


Wal Fadjri (Dakar)
 

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Wal Fadjri (Dakar)

ANALYSE
8 Mai 2008
Publié sur le web le 8 Mai 2008

Moctar Fofana Niang

Les réactions sont multiples et diverses autant que les solutions proposées. Mais il conviendrait de noter d'abord les responsabilités des pays développés, les Etats-Unis en tête, dans la situation importante de dérèglement de l'écosystème. Les agressions contre l'environnement, l'atmosphère, la couche d'ozone, la persistance des guerres d'hégémonie et leurs conséquences sur les politiques monétaires, sont autant d'oeuvres humaines dont les effets se révèlent destructifs pour toute l'humanité.

Il devient évident que la mondialisation menée par le libéralisme arrogant ne produit, pour le moment, qu'élargissement et approfondissement de la pauvreté et de la misère malgré les fameux programmes d'ajustement imposés à travers les diktats des institutions de Bretton Woods. Près de cinquante ans après notre accession à l'indépendance, notre sécurité alimentaire demeure encore précaire, la consommation nationale reposant à 80 % sur les importations. Or assurer et sécuriser l'approvisionnement des populations en denrées et produits est une des fonctions régaliennes de l'Etat.

Faut-il le rappeler, historiquement, le mil dans le bassin arachidier, le riz et le maïs en Casamance et au Sénégal oriental constituaient les céréales essentielles de la consommation de nos populations. Le commerce triangulaire et la division du travail coloniale entre l'Indochine, le Sénégal et la France ont permis d'étendre la consommation du riz sans développement équivalent de sa production intérieure, d'imposer à notre peuple la culture de rente (arachide, coton) et la cueillette de la gomme arabique, détruisant la forêt d'Acacia verek qui constituait une zone de protection naturelle du centre du pays contre l'avancée du désert.

Notre accession à la souveraineté internationale n'a pas non plus permis les ruptures nécessaires, bien au contraire, le pouvoir néocolonial a perpétué ces habitudes en tant que mécanismes d'exploitation et d'accumulation du capital. Le même pouvoir néocolonial, sous la férule d'un libéralisme sauvage, achève de détruire tous les ressorts de l'existence de notre nation libre, solidaire et unie.

Aujourd'hui, la grave dépendance alimentaire montre clairement que la sécurité alimentaire est fondamentalement une question d'indépendance politique, de souveraineté première. Il est inacceptable et intolérable qu'une infime minorité de Sénégalais, notamment parvenus au pouvoir pieds nus, s'accaparent des ressources financières et foncières du pays, transformant celui-ci en un vaste système de prostitution, un lupanar nauséabond !

En ce moment précisément, le mécontentement populaire est sans égal à cause des augmentations et de la baisse du pouvoir d'achat, de l'agression contre nos moeurs et de l'arrogance étalée. Il est vrai que mécontentement et actions sont loin l'un de l'autre et c'est justement ici que la responsabilité des partis politiques, syndicats et autres leaders sociaux est évidente. Trouver voies et moyens pour unir et agir. Certes, cette question concerne tous les citoyens. Néanmoins, elle demeure une question politique, totalement politique. 'Pas de liberté sans pain, pas de pain sans liberté'.

Le riz est une céréale introduite au Sénégal avec le rôle stratégique d'insérer solidement la colonie dans l'empire colonial de la France. Les sociétés coloniales (Cfao, Scoa, etc.) étaient chargées de l'importation et de l'approvisionnement en riz, procurant pour elles une source de profits substantiels.

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Au lendemain de l'indépendance, à la suite des sociétés coloniales l'importation du riz fut assurée par l'Oca s'appuyant sur un intermédiaire, courtier français du nom de Jean Pierre Nouveau installé à Paris, ensuite l'importation revient à l'Oncad, puis à la Caisse de péréquation (qui réalisaient des bénéfices substantiels de 58,5 % et 28,3 % par les quotataires).

En 1982, l'approvisionnement en riz a été confié à une société privée Ecami et les profits juteux réalisés au bout d'un an, donnèrent lieu à une âpre lutte, entre éléments de la bourgeoisie bureaucratique, pour le marché mis en compétition. En définitive, Ecami fut évincée au profit de trois sociétés privées sénégalaises au détriment de toutes les structures de l'Etat, y compris la Sonadis où l'Etat détenait 90 % du capital. On se rappelle de l'exigence des éléments de l'Unacois pour une privatisation totale du riz et du sucre.

En 1993/1994, le pays fut soumis à une rupture de stock sur le marché, due surtout à des actions de rétention et de spéculation. La pratique des prix fut à la hausse fréquente et répétée. Ainsi en 1965, le sac de 100 kg de riz coûtait 3 000 F Cfa prix détail base Dakar, en 1984, il valait 13 000 F Cfa. Sous l'alternance, les 50 kg ont atteint 9 500 et 12 000 F Cfa et présentement 17 500 F Cfa et les importateurs alertent ou annoncent les 50 kg à près de 20 000 F Cfa.

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