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Ile Maurice: Boolell «Je peux faire voter une loi pour obliger une usine à fermer»


L'Express (Port Louis)
 

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L'Express (Port Louis)

8 Mai 2008
Publié sur le web le 8 Mai 2008

Fidèle Honvou
Port Louis

Exaspération hier du ministre de l'Agro-industrie qui dit ne pas comprendre que l'usine Mon-Loisir tourne toujours. Il a rappelé les obligations envers l'UE qui finance la réforme. L'usine sucrière de Mon-Loisir n'a pas cessé ses activités, ce qui a provoqué l'agacement du ministre Arvin Boolell.

«Il ne faudrait pas que les travailleurs soient tenus en otage dans cette réforme», a lancé hier Arvin Boolell, ministre de l'Agro-industrie. Il semblait exaspéré par la lenteur dans le processus de réforme de l'industrie sucrière provoquée par la non-fermeture de l'usine de Mon-Loisir. «Il est très important que le message sur la réforme sucrière soit bien compris par tous les acteurs du secteur», a-t-il rappelé en précisant qu'il est lui-même concerné au premier chef.

Le ministre mécontent que l'usine de Mon-Loisir ne soit pas encore fermée a durci le ton à l'occasion de la cérémonie de tirage au sort des employés d'Union Sugar Estates Co. Ltd dans le cadre du deuxième volet de départs volontaires à la retraite (voluntary retirement scheme - VRSII). «Il ne faut pas confondre humilité et faiblesse, ni l'esprit de compréhension comme si on est en train de céder.»

«Un bon élève»

Les engagements du protocole d'accord signé en décembre dernier entre le gouvernement et les sucriers doivent être respectés par les deux parties, a précisé Arvin Boolell, qui a ajouté : «Si moi, en tant que ministre, je dois introduire une loi pour obliger cette propriété à fermer son usine dans l'intérêt du pays, je n'aurai pas le choix de faire autrement.»

«Que ce soit à Fuel ou à Belle-Vue, en prenant en considération les impératifs du transport, les problèmes d'infrastructures, la canne des planteurs, le travail a été bien fait et je ne peux pas comprendre pourquoi la fermeture de l'usine de Mon-Loisir ne se fait pas. Il faut accélérer, du moment où la demande a été agréée, je ne peux pas comprendre pourquoi Fuel agit comme un ange au poing serré»

Le gouvernement est dans une course contre la montre pour sauver l'industrie, a dit le ministre. Ce qui lui vaut un profil de «bon élève» dans la mise en oeuvre de ses accords avec l'Union européenne (UE). Si l'île Maurice a bénéficié des 100 % du budget de financement pour la réforme de l'industrie sucrière pour l'année 2007, c'est bien parce que le gouvernement, en collaboration avec tous les acteurs du secteur, a oeuvré pour satisfaire aux conditions posées par l'UE. Cette industrie est à la croisée des chemins, a-t-il poursuivi, et son sort dépendra de cette restructuration.

«Attentive aux plus vulnérables»

Claudia Wiedey, représentante de la délégation de Commission européenne, a félicité les acteurs de l'industrie sucrière pour les réformes enclenchées. Elle a rappelé le caractère ambitieux et réaliste du document de stratégie multi-annuel d'adaptation à la réforme sucrière pour lequel l'UE a voté un budget global de 127 millions d'euros.

«La Commission européenne continuera à soutenir le gouvernement dans la mise en oeuvre de la réforme économique, tout en restant attentive aux personnes les plus vulnérables et les plus menacées», a dit Claudia Wiedey. Elle a rappelé que le gouvernement a mis en oeuvre un certain nombre de programmes dans cette optique, comme l'Empowerment Programme, la réforme de l'éducation, la prise en compte des questions environnementales, le développement durable, et pour lesquels il pourra compter sur le soutien de l'UE.

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C'est pour atténuer les conséquences néfastes de la réforme de l'industrie sucrière sur les personnes les plus vulnérables que l'UE finance le VRS. Ce programme permet à 6 000 agents engagés dans une procédure de départ volontaire à la retraite de bénéficier d'une compensation financière, d'un lopin de terre pour la construction d'une maison, et d'une formation pour leur faciliter l'insertion professionnelle. Ils étaient 140 agents de l'Union Sugar Estates Co. Ltd à recevoir hier leur titre de propriété à l'usine Saint-Aubin.

La réforme de l'industrie sucrière conduira à la centralisation des usines, à la mécanisation des activités dans les champs et à l'usine, et à la valorisation des produits issus de la canne.

L'industrie du sucre est en train de se réinventer pour devenir l'industrie de la canne. Cette industrie de la canne se différenciera par une technologie beaucoup plus avancée et des ressources humaines qualifiées.



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