L'Express (Port Louis)

Ile Maurice: Son «grand frère» abuse de lui sexuellement

Nilen Kattany

8 Mai 2008


Port Louis — La cour a jugé coupable Iyacootee Vythilingum. Il avait obligé un adolescent, qu'il considérait comme son frère, à lui faire une fellation, en 2006, à Lallmatie. Il le considérait comme son grand frère. Ce dernier en a profité pour abuser de lui sexuellement. Un adolescent de 16 ans a été forcé à faire une fellation à un habitant de Lallmatie. Iyacootee Vythilingum, qui répondait d'une charge de «causing a child to be sexually abused», a été trouvé coupable par la cour intermédiaire. Sa sentence n'a pas encore été prononcée.

Cette affaire remonte à 2006. L'adolescent, un habitant de Camp-de-Masque Pavé, fait la connaissance d'Iyacootee Vythilingum sur un arrêt d'autobus à Lallmatie. Ce dernier se présente sous une fausse identité, celle d'Anil Teeluck. Depuis, ils se sont liés d'amitié. Ils étaient devenus si proches qu'Iyacootee Vythilingum disait estimer l'adolescent comme son «petit frère».

Quelques jours après leur première rencontre, l'accusé s'est mis à lui donner de l'argent. Il lui a aussi donné une carte SIM pour qu'ils puissent se téléphoner régulièrement. L'adolescent a refusé dans un premier temps. Mais il a fini par accepter ce cadeau vu l'estime qu'Iyacootee Vythilingum avait pour lui.

Lors de son témoignage en cour, la victime a affirmé que l'incident s'est produit un dimanche, en novembre 2006. Iyacootee Vythilingum l'a invité chez lui pour prendre un verre. Ils ont bu cinq à six bouteilles de bière quand l'accusé s'est mis à questionner la victime sur des infections qu'elle avait au niveau des jambes.

Iyacootee Vythilingum lui a alors dit qu'il avait une pommade qu'il avait ramenée d'Inde et qui était très efficace contre ces types d'infections. L'accusé a toutefois insisté pour l'appliquer lui-même.

«Kouma mo kapav dir sa mo fami ?»

Cette proposition a rebuté l'adolescent dans un premier temps. Mais l'insistance de son «grand frère» a fini par le convaincre. C'est ainsi qu'il a accepté d'enlever son pantalon pour qu'Iyacootee Vythilingum puisse pommader ses jambes. Sur l'insistance de ce dernier, il consent à enlever son slip aussi.

Une fois la pommade enduite, l'accusé demande à l'adolescent de lui faire une fellation. Celui-ci refuse et veut s'en aller. Mais il est retenu par les menaces de son «grand frère», qui lui dévoile ses viles intentions. Il est obligé de consentir, sous la menace d'un couteau. Son agresseur menace aussi de le passer à tabac si jamais il relate sa mésaventure à quiconque.

Selon l'adolescent, Iyacootee Vythilingum lui a téléphoné plusieurs fois après cet incident. Il n'a toutefois pas répondu pour des raisons évidentes. Sa timidité et la peur de représailles de la part de son agresseur l'ont poussé à ne rien dire à ses parents.«Kouma mo kapav dir sa mo fami ?» avait-il répondu spontanément à une question de la défense.

Mais l'adolescent va finir par briser ce silence en février 2007 pour éviter à son cousin de subir le même sort que lui. Selon lui, Iyacootee Vythilingum s'était lié d'amitié avec son cousin également.

Le magistrat Vedalini Phoolchund-Bhadain a fait ressortir dans son jugement que la dénonciation tardive de la victime ne diminue aucunement son témoignage. "The reticence in reporting such a delicate incident to one's family can be understood, especially given that the complainant had accompanied the accused voluntarily to his place", peut-on lire dans le jugement.

Le magistrat explique également que le témoignage d'une victime d'abus sexuels ne doit pas obligatoirement corroborer. «La cour peut agir en prenant en considération un témoignage non- corroboré si elle pense que celui-ci est vrai La victime m'a semblé être un témoin de la vérité Je trouve l'accusé coupable.»

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