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Cameroun: Bamenda retient son souffle


Le Messager (Douala)
 

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Le Messager (Douala)

8 Mai 2008
Publié sur le web le 8 Mai 2008

Donat Suffo

Marché des vivres de Bamenda. Seize heures cinquante. Une femme, la quarantaine environ, s'exclame lorsqu'elle décroche son téléphone portable. Une exclamation qui attire la curiosité des passants.

Elle lâche à l'une de ses voisines en pidgin : « Them don hollam Forjindam » (ils ont arrêté Forjindam). Ce qui était jusque-là une rumeur et circulait sous cape quelques minutes auparavant devient réalité. Tel un parfum d'été, la nouvelle du limogeage puis de l'interpellation de l'ex directeur général du Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic), Zacchaeus Forjindam, se répand dans la ville.

Ceux qui reçoivent la nouvelle éprouvent d'abord de la compassion. « C'était le seul fils du Nord-Ouest sur qui on pouvait compter », lance un individu à l'avenue commerciale. « Paul Biya n'est donc pas reconnaissant », poursuit un autre. «Après tout le travail qu'il a abattu pour la construction du pont sur le Moungo, voilà sa part de récompense ?» s'interroge-t-il.

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Cette première catégorie éprouve un sentiment « linguistique », l'ex Dg étant un pur sang anglo-saxon, fils de Santa Morfobe. Un autre citoyen de la ville de Bamenda va même plus loin. « Forjindam a été instrumental dans la victoire du Rdpc notamment les neuf sièges à l'Assemblée nationale remportés par le parti des Flammes dans le Nord-Ouest», précise-t-il. Et d'ajouter : «On aurait dû le laisser assister à l'inhumation de (son frère) Nsahlai samedi prochain 10 mai à Jakiri ».

A Fon Street, un enseignant, certainement militant du Social democratic front (Sdf), se réjouit de cette interpellation. Car, dit-il, « les échauffourées de Santa après le double scrutin ont été causées par Achidi Achu et lui. Ils voulaient tripatouiller les résultats des élections». Et un autre de commenter : «Il est à l'origine de l'appel favorable à la modification de la Constitution notamment l'Article 6.2 qui fait de Paul Biya le président à vie».

Au demeurant, c'est un sentiment de morosité qui anime une un bon nombre de citoyens ayant suivi cette information. Ils se demandent, après Forjindam, à qui le tour ? Bamenda retient son souffle.



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