Lazare Kolyang
8 Mai 2008
L'image est un peu singulière et même rare dans les cérémonies de départ ou d'arrivée des responsables à la tête des entreprises d'Etat et parapubliques. Après l'annonce du départ de Forjindam de la direction générale du Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic) à l'issue du conseil d'administration extraordinaire (le conseil était convoqué pour le 17 mai prochain) tenu hier, les employés de cette entreprise ont presque tous rappliqué au siège.
Les bureaux se sont vidés, la vie s'est brutalement arrêtée. Massés devant la direction générale, ils n'ont pas cessé de scander toutes sortes d'inimités à l'endroit du Directeur général sortant. Certains responsables de la société, considérés comme proches de ce dernier, sont aussi à leur tour chahutés au passage par les employés qui ont accouru des trois zones de travail que compte le Chantier naval dans la capitale économique.
" Liberté ", " Dieu est enfin entré au Chantier naval ", autant de choses entendues hier. A chaque apparition du nouveau Directeur général par intérim, c'est la liesse totale. Antoine Bikoro Alo'o est même porté en triomphe par les employés qui ont tenu à faire le pied de grue dans la cour, question de ne pas rater, un seul instant, le départ de l'ancien Directeur général, resté entre temps à l'intérieur du bâtiment.
Employés
Même la tentative du nouveau Directeur général par intérim de ramener les employés au travail, rien n'est fait. Il aura fallu attendre 15 heures 28 minutes pour voir une voiture sortir de l'arrière, prenant tout le monde au dépourvu, et dans laquelle avait pris place l'ancien directeur général sortant, pour amener les employés à quitter les lieux. Des cris des employés ont accompagné la sortie de Forjindam. A bord du véhicule de l'ancien patron du Chantier naval qui a démarré en trombe, des policiers ont aussi pris place et l'ont directement conduit à la police judiciaire à Bonanjo.
Il sera rejoint quelques instants plus tard par le directeur des Ressources humaines du Chantier naval, Mme Rode Njoh, escortée par un policier. Selon des sources policières, l'ancien Directeur général du Chantier naval a passé sa première nuit dans les locaux de la police judiciaire et est dès lors mis à la disposition du Procureur de la République.
Pour l'instant, rien ne filtre de l'audition de Forjindam à la police judicaire. Toutefois, l'on sait que ce n'est pas la première fois que ce haut responsable passe devant les policiers à Douala. Il avait déjà été longuement entendu, il y a quelques mois.
Pour le Directeur général par intérim, Antoine Bikoro Alo'o, l'heure n'est pas au triomphalisme. " Je préfère dire merci au chef de l'Etat par les actes ", a-t-il affirmé. "Une déclaration à l'heure actuelle risque de ressembler à quelque chose d'euphorique : je ne suis pas dans l'euphorie ", poursuit le Directeur général par intérim qui connaît ses priorités depuis qu'il a été désigné au poste de Directeur général adjoint. " J'étais déjà en train de mettre ces priorités en place. Il s'agit notamment de l'organisation du contrôle interne qui permet de balayer de l'amont en aval les opérations de la société", annonce t-il.
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