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Zimbabwe: Les réalités qui font mentir les adversaires de Robert Mugabe


Notre Voie (Abidjan)
 

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Notre Voie (Abidjan)

ANALYSE
8 Mai 2008
Publié sur le web le 8 Mai 2008

Serge Armand Didi

Crise post électorale au Zimbabwe

Le fait est passé inaperçu. C'est pourtant une donne à prendre en compte pour avoir une perception plus juste de la personnalité de Robert Mugabe, le président du Zimbabwe et patron de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF). Chef d'Etat au pouvoir depuis 28 ans, il a permis l'organisation des élections générales dans son pays le 29 mars dernier, sans influencer le scrutin en sa faveur. Son parti a été déclaré perdant aux élections législatives par la commission électorale au profit de l'opposition (elle est créditée de 109 des 210 sièges) dirigée par Morgan Tsvangirai, chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC). Il a admis les résultats du premier tour de l'élection présidentielle qui accordent une première victoire à son adversaire, chef de l'opposition. Mugabe a non seulement accepté ce premier verdict mais il se prépare aussi à aller au second tour de l'élection présidentielle.

Robert Mugabe, l'autocrate comme se plaisent à le caricaturer ses adversaires, a permis l'organisation des élections générales dans son pays alors qu'il aurait pu user d'astuces, de chantage et peut-être de violence afin de se maintenir au pouvoir. Si l'on suppose que le contexte international ne permet pas d'être président longtemps sans se soumettre au suffrage universel direct, Mugabe aurait bien pu invalider les candidatures de poids de la scène politique zimbabwéenne dans le but d'être le seul candidat à l'élection présidentielle ou bien se donner un adversaire de paille. Ce qui lui aurait permis d'être assuré de gagner d'avance cette joute électorale.

Si l'on suppose encore que la pression de la communauté internationale était forte et que cela ne permettait pas la violation des règles démocratiques, le leader de la ZANU PF aurait pu tout bonnement tricher. Surtout que bien des observateurs qui certifient les élections au plan international étaient absents de ce pays. C'est maintenant que l'ONU et la SADEC sont sollicitées pour le second tour de présidentielle.

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Autre fait : pour un supposé autocrate, une commission électorale ne peut pas être libre au point d'annoncer la défaite du chef suprême. Sacrilège !

Au lieu d'agir selon l'un de ces schémas, Robert Mugabe a demandé un recomptage des voix pour ce qui est des élections législatives. La commission électorale a fait droit à cette requête et a confirmé la victoire de l'opposition. Mugabe n'a pas pour autant dissout la commission électorale. Alors que cette démarche de Mugabe avait été interprétée comme une tentative d'intimidation ou d'inverser les chiffres en sa faveur. De même, le numéro un de la ZANU PF n'a pas violenté les membres de la commission électorale qui l'ont déclaré perdant au premier tour de l'élection présidentielle.

Que faut-il faire de plus pour rassurer les uns et les autres, à moins qu'il ne s'agisse d'abattre un homme gênant au verbe haut, chantre du renouveau africain ?



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