Patrice Mbossa
8 Mai 2008
Après de nouvelles revendications intempestives hier, les forces de l'ordre ont dû intervenir.
Après un début de distribution des vivres aux 9 000 réfugiés tchadiens du camp de Maltam (Kousseri), ce 7 mai 2008, l'opération a été très vite interrompue. Et pour cause, de nombreux meneurs de troupes voulaient gripper la machine des Nations unies. Les raisons variaient d'une faction à l'autre. Certains estimaient que la quantité de nourriture distribuée était bien maigre ; des allégations rejetées par les responsables du système des Nations unies - le Programme alimentaire mondial, en l'occurrence - qui ont expliqué qu'en donnant de la nourriture d'une valeur journalière de 2 117 calories, les réfugiés tchadiens du camp de Maltam étaient servis au-delà des normes internationales des Nations unies qui recommandent des aliments d'une valeur de 2 100 calories par jour. Et pendant ce temps, d'autres criaient à tue-tête, réclamant à manger, ne serait-ce que pour leurs enfants.
Pour des raisons inavouées, les nihilistes voulaient empêcher le respect du calendrier préalablement conçu et rendu public par les représentants du système des Nations unies. D'autre part, des groupuscules voulaient qu'on modifie l'ordre du jour en revenant d'abord sur le problème de délocalisation des réfugiés de Maltam pour Langui dans la province du Nord, soit à 450 km de Kousseri.
Bref, c'est encore une ambiance de quasi insurrection qui a régné dans le camp de Maltam hier matin. En somme, les réfugiés voulaient la négociation. Une idée qui a rencontré le refus catégorique du premier adjoint préfectoral du Logone et Chari, Jean Djallo qui conduisait la délégation constituée par les représentants du système des Nations unies. Pour, le représentant de l'Etat, revenir sur les points débattus lors des réunions antérieures était un aveu de faiblesse, ce qui était intolérable.
Des renforts des forces de l'ordre sont alors demandés. En début d'après-midi, les forces demandées arrivent à Maltam. Une séance de travail d'une trentaine de minutes a permis de mettre en place un cordon de sécurité et autour de quatorze heures, la distribution des vivres a repris dans l'ordre et la discipline. Cette opération de distribution s'achève ce jeudi, 8 mai. Un succès à mettre à l'actif des pouvoirs publics et des forces de maintien de l'ordre camerounais.
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