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Cameroun: La mayonnaise n'a pas encore pris
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Cameroon Tribune (Yaoundé)
8 Mai 2008
Publié sur le web le 8 Mai 2008
Jeanine Fankam
A Yaoundé, les exemples d'édifices en brique de terre stabilisée ne foisonnent pas.
On connaît l'existence des bâtiments annexes de la Faculté, des Arts, Lettres et Sciences humaines de l'Université de Yaoundé I, situés à proximité du lycée Leclerc et construits en briques de terre. Hier, le reporter a sillonné quelques rues de la capitale, scrutant les édifices en espérant trouver d'autres bâtiments publics de construction récente qui valorisent les matériaux locaux. L'exercice n'a pas été vain. Mais, à vrai dire, la moisson a été maigre au regard de l'énergie déployée. A l'entrée de l'Université de Yaoundé I (toujours elle), une maisonnette affiche fière allure. Ses couleurs sont encore très vives. Ce sera la guérite de l'institution.
Les matériaux locaux qui ont concouru à la construction de la guérite sont un mélange de plusieurs éléments : les briques de terre stabilisées, les pierres, du bois, de la tuile. Cela donne une jolie bâtisse. Vraiment jolie. Et on se demande pourquoi la mayonnaise ne prend toujours pas.
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Le Pr. Cristin Pettang, directeur des Infrastructures, de la Planification et du Développement de l'Université de Yaoundé explique que le choix des matériaux a été décidé par Dorethy Djeuma, recteur. Elle avait le souci de valoriser les matériaux du terroir. Car, souligne le directeur « l'université est l'avant-garde de développement de nos matières. Le recteur a servi d'exemple en encourageant les organismes publics à promouvoir ce genre de matériau ».
En jetant un regard sur le vaste chantier que sont devenus les différents campus de Yaoundé I, on se demande pourquoi n'avoir pas construit tout un bâtiment en brique de terre stabilisée. Réponse du Pr. Cristin Pettang, par ailleurs ingénieur de génie civil et architecte : « Un travail de cette envergure demande des études de réalisation approfondies et exige la mobilisation de plusieurs spécialistes. Cela suppose aussi qu'on mette les moyens conséquents dans le choix de l'entreprise chargée d'exécuter les travaux. Nos priorités de l'heure sont plus urgentes ».
En attendant, les bâtiments annexes de la FALSH continuent de servir d'exemple de beauté et de solidité de la construction en brique de terre stabilisée. Ils sont là depuis le début des années 1990. C'est à ce moment que le Cameroun avait commencé une campagne pour la promotion des matériaux locaux. A l'époque à l'ancienne université de Yaoundé, il y avait un certain Joël Moulen, chancelier. Il n'avait pas fait la sourde oreille. Il avait alors fait appel à l'expertise des enseignants de l'Ecole nationale supérieure polytechnique. Crispin Pettang, comme par hasard, dirigeait l'équipe.
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