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Congo-Kinshasa: 48 ans après, la crise alimentaire aux portes de la RDC
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Le Phare (Kinshasa)
8 Mai 2008
Publié sur le web le 8 Mai 2008
J.r.t.
La République démocratique du Congo, un des plus grands exportateurs africains des produits agricoles vers le Marché commun, l'ancêtre de l'Union européenne, est ce géant aux pieds d'argile qui s'est effondré 48 ans plus tard.
Une incursion dans ce passé glorieux rappelle que notre pays produisait avant l'indépendance, 120.000 tonnes de maïs, 100.000 tonnes de riz, 1.500.000 tonnes de manioc et 143.000 tonnes de coton-graine.
Sur le plan des exportations, la RDC réalisait d'importantes recettes qui contribuaient à son produit intérieur brut. C'est le cas de l'huile de palme avec 165.000 tonnes. Et pour ses principales exportations, elle empochait 25 milliards de FB.
Cinq ans plus tard, ce fut le début de la descente aux enfers du géant africain. En effet, en 1965, la production agricole a connu une chute vertigineuse :
50.000 tonnes de maïs, 20.000 tonnes de riz, 500.000 tonnes de manioc, 15.000 tonnes de coton-graine et 85.000 tonnes d'huile de palme. Les exportations connaîtront cette même baisse avec 17 milliards de FB.
Ces quelques chiffres illustrent la santé florissante du secteur agricole qui après les mines, participait à la stabilité de la situation économique du pays et au budget de l'Etat.
A cette époque, la production agricole parvenait à répondre à la demande de la consommation locale, au point que le surplus était destiné à l'exportation.
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48 ans plus tard, le tableau est sombre. Non seulement les routes sont presque toutes détruites, la production agricole moisit dans la plupart des coins enclavés, la démotivation des paysans, et le détournement de la main-d'oeuvre vers les mines, avec l'exploitation artisanale du diamant, de l'or et d'autres substances précieuses et semi-précieuses.
Le secteur a connu une léthargie telle que pour son alimentation, le Congolais dépend des importations. En effet, on importe le riz, le poisson, la viande, le poulet, la farine de manioc et tant d'autres denrées alimentaires. Même les oeufs de poule sont importés. De nouvelles habitudes alimentaires se sont ainsi créées, imposant de nouveaux besoins. Il est curieux de retrouver dans l'assiette du Congolais des éléments comme des croupions de dindes, des abats de boeuf et ce fameux mpiodi que le Congolais refusait de consommer jusqu'à la fin des années Adoula. Le secteur est à l'abandon, les industries agro-alimentaires ferment une à une, les plantations dépérissent et tout s'écroule au profit des importations qui améliorent l'assiette financière des «malins» .
C'est tout cela qui explique aujourd'hui notre descente aux enfers. Il faut réagir. Vite et bien.
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