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Afrique: L'Africom est destiné à se tenir à l'écoute et à répondre aux demandes des États Africains
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United States Department of State (Washington, DC)
8 Mai 2008
Publié sur le web le 9 Mai 2008
Jacquelyn S. Porth
Washington, DC
Ses activités militaro-civiles porteront essentiellement sur la sécurité et la stabilité.
Le continent africain se heurte à de nombreux problèmes en matière de sécurité, qu'il s'agisse de la violation des droits de l'homme, de la pauvreté, de la corruption, de la contrebande, de la rapidité de la croissance démographique ou de la diminution des ressources hydriques.
Si les États-Unis ont toujours eu des relations avec l'Afrique par l'intermédiaire de leurs ambassades et consulats, de leurs attachés militaires et du Groupe d'intervention mixte de la Corne de l'Afrique ainsi que de leurs divers autres centres de commandement, ils disposent maintenant d'un Centre de commandement pour l'Afrique (Africom) qui est chargé d'entretenir des relations avec 33 pays africains.
Selon le Centre d'études stratégiques et internationales, « un centre de commandement robuste consacré à l'Afrique peut obtenir des résultats importants dans les domaines diplomatique et militaire tant pour les États-Unis que l'Afrique ». De son côté, M. Andrew Terril, de l'École supérieure de guerre des États-Unis, estime que le centre de commandement envisagé ne ressemble à aucun des autres centres de commandement des États-Unis car il réunit aussi bien des militaires que des civils en vue de la réalisation de missions humanitaires, telles que l'apport de secours aux sinistrés et le déminage, ainsi que de missions plus classiques comme la lutte contre la piraterie, la réforme du secteur de la sécurité et la lutte contre le terrorisme.
Le Centre de commandement a commencé de prendre forme à son quartier général en Allemagne après l'annonce de sa création par le président Bush en 2007. Le commandant réserviste Robert Munson, de l'armée de l'air, estime que l'Africom est nécessaire pour appuyer la politique africaine des États-Unis. Dans le numéro actuel de la revue Strategic Studies, il indique que la création de ce centre ne traduit pas une grande mutation de la politique des États-Unis. L'Africom, dit-il, devrait améliorer la coordination et contribuer à incorporer de nombreux éléments disparates de la politique étrangère des États-Unis dans un ensemble plus cohérent.
En fait, l'Africom continuera de mettre l'accent sur les activités en matière de sécurité et de stabilité en Afrique qui sont effectuées depuis un certain temps par le département d'État. Ces activités comprennent la formation de soldats au maintien de la paix dans le cadre du programme ACOTA (African Contingency Operations Training and Assistance program), la fourniture d'une aide militaire par l'intermédiaire du programme IMET (International Military Education and Training program) et la fourniture d'une aide médicale dans le cadre du Programme d'aide d'urgence du président Bush à la lutte contre le sida (PEPFAR).
L'Africom constitue aussi un système d'alerte et de prévention, a déclaré Mme Claudia Anyaso, du département d'État, aux participants à une conférence que l'association Women in International Security et l'Institut des études stratégiques de l'École supérieure de guerre de l'armée de terre ont organisée le 21 avril dans la banlieue de Washington.
La directrice de programme de l'Initiative « 3D Security », Mme Lisa Schirch, s'est déclarée du même avis tout en soulignant l'urgence de prévenir les conflits en Afrique. Mme Schirch est l'un des nombreux africanistes à avoir abordé le thème de cette conférence, qui était « l'Africom et la stratégie de paix et de sécurité des États-Unis en Afrique ». Elle a aussi souligné la nécessité d'apporter une aide au développement plus importante afin de lutter contre les maladies infectieuses, de favoriser la formation professionnelle et d'aider les États africains à agir avec plus de transparence de manière à prévenir la corruption.
Mme Anyaso a déclaré que les cadres de l'Agence des États-Unis pour le développement international effectueraient des activités d'information et d'autres travaux par l'intermédiaire de l'Africom. En outre, il est prévu que des militaires d'autres pays contribuent aux programmes de ce centre de commandement.
Aussi bien Mme Schirch que Mme Anyaso ont souligné qu'il n'était nullement prévu d'établir des bases militaires en Afrique pour appuyer la nouvelle structure.
Pour sa part, Mme Lauren Ploch, africaniste du Service de recherche du Congrès, a indiqué que l'Africom avait un rôle distinct à jouer afin d'aider les États africains à lutter contre la pêche illicite et la traite de personnes, ainsi que leurs forces armées à exercer un meilleur contrôle sur leurs zones maritimes.
Récemment, le commandant de l'Africom, le général William Ward, a parlé devant une commission parlementaire de la nécessité de faire face aux menaces transnationales en Afrique, notamment le trafic de stupéfiants et d'armes dangereuses.
Ancien membre d'un service de renseignement, M. Robert Berschinski a déclaré qu'il était nécessaire de renforcer la démocratie en Afrique et d'encourager le respect de principes tels que celui de la primauté du droit. Les États-Unis, a-t-il dit, doivent faire tout leur possible pour favoriser les conditions nécessaires au rétablissement de la paix et de la stabilité économique en Afrique.
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Ancienne ministre d'État ougandaise, Mme Betty Oyella Bigombe a souligné la nécessité de la diversité des activités de l'Africom et de leur exécution dans la transparence. Actuellement détachée auprès du Centre Woodrow Wilson de Washington, elle a fait remarquer que l'apport d'une aide humanitaire dans des domaines inhabituels, notamment dans le domaine de l'alimentation en eau potable, ne manquerait pas d'illustrer l'amitié des États-Unis. Elle a également déclaré que les programmes d'aide devaient traduire les intérêts des pays africains plutôt que ceux des États-Unis.
Enfin, Mme Emira Woods, de l'Institut d'études politiques, a indiqué que la cessation du trafic d'armes contribuerait à renforcer la sécurité en Afrique et que les améliorations dans les domaines de l'emploi, de l'enseignement et de la santé ne manqueraient pas d'accroître la sécurité des personnes. Ce dont l'Afrique a le plus besoin, a-t-elle dit, c'est d'une aide au développement.
L'Africom est considéré comme un moyen d'éviter le chevauchement des activités de divers organismes publics des États-Unis qui cherchent à améliorer les conditions de vie des Africains. Selon Mme Linda Bishai, de l'Institut de paix des États-Unis, il est maintenant possible, grâce à ce centre de commandement, de s'attaquer aux problèmes africains d'une manière plus efficace.
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