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Tunisie: Maîtrise de l'inflation et santé du secteur bancaire - La BCT veille au grain


La Presse (Tunis)
 

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La Presse (Tunis)

9 Mai 2008
Publié sur le web le 9 Mai 2008

Selon des statistiques fournies par la Banque centrale de Tunisie (BCT), cette évolution positive est perceptible, notamment, à travers la baisse des créances classées. Le taux de ces créances improductives est ainsi passé de 29,9% en 1997 à 17,3% en 2007, soit une baisse de plus de 12 points en 10 ans. Idem pour le taux de couverture des créances classées par les provisions.

Cet indicateur a connu une amélioration significative, passant, au cours de la même période, de 47% à 54,5%. Ces résultats positifs sont le fruit des efforts déployés par les banques locales pour se conformer aux règles de Bâle I. Ces règles portent sur le contrôle interne à travers l'identification, l'analyse et l'anticipation des risques. Dans une étape ultérieure, les banques tunisiennes sont appelées à adopter les règles de Bâle II de gestion prudentielle du risque.

Ces règles, qualifiées par le comité de Bâle de "plus rigoureuses", visent à mettre en place un nouveau ratio de solvabilité, voire un dispositif prudentiel destiné à mieux maîtriser les risques bancaires et, surtout, à mieux respecter les exigences en fonds propres. Autre indicateur, celui relatif au taux des créances classées nettes de provisions, ce dernier a amorcé au cours de cette période une importante décrue, passant de 18,4% en 1997 à 8,7% en 2007.

Maîtrise des risques

L'ensemble de ces indicateurs montre que les banques tunisiennes ont fait preuve d'une plus grande maîtrise des risques, ce qu'illustrent, de manière éloquente, la baisse du volume des créances douteuses, l'amélioration de la qualité du portefeuille de leurs clients et une meilleure constitution de provisions.

L'évolution de ces indicateurs ne doit pas, toutefois, occulter l'effort à consentir en vue de réaliser les objectifs fixés par l'Autorité monétaire pour 2009.

Ces objectifs visent à atteindre 15% pour le taux des créances douteuses, 70% pour le taux de couverture de ces créances par les provisions et 5% pour les créances classées nettes de provisions. Toutefois, les créances douteuses, tout autant que les engagements et les provisions, renvoient forcément à la politique de crédit suivie jusque-là par le système bancaire.

Pour mémoire, les banques tunisiennes ont eu tendance, durant des années, à octroyer du crédit, outil « magique » de création monétaire, sans faire preuve de vigilance quant à la capacité de remboursement de leur clientèle. En témoigne l'évolution du montant des crédits accordés par les banques tunisiennes, au cours de la période 1998-2006. Jusqu'à fin 1998, l'enveloppe de crédit accordée par les banques tunisiennes s'élevait à 14 milliards de dinars.

Fin 2006, celle- ci atteignait les 22 milliards de dinars.L'accroissement des crédits intérieurs a provoqué une accélération de la masse monétaire (l'ensemble des valeurs susceptibles d'être converties en liquidité) au sens de l'agrégat M3, au cours de la période 2003-2006.

Ciblage de l'inflation

L'augmentation de la masse monétaire nette, compte tenu de la création de la monnaie (octroi de crédit) et de la destruction de la monnaie (remboursement des crédits), trouve l'essentiel de sa contrepartie au niveau des concours à l'économie et plus particulièrement au niveau de l'évolution nette des crédits à l'économie.

Durant cette période, la masse monétaire M3 a progressé plus rapidement que le PIB. Cela signifie que le rythme de création de la monnaie était plus rapide ou « accéléré » que celui de la création de richesses. En plus clair encore, il s'agit de créer plus de monnaie que de produire des biens.

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Dans le jargon des spécialistes, cela se constate à travers l'évolution du taux de liquidité qui mesure le rapport entre la masse monétaire au sens de M3 et le PIB. L'augmentation de l'agrégat M3 a entraîné un accroissement des liquidités d'une année à une autre. Cette situation, conjuguée à d'autres facteurs (flambée des cours des matières premières, des produits de base, des hydrocarbures), a engendré une augmentation de l'inflation, 4,5% en 2006 contre 2% en 2005.

L'inflation de 2007 se situant à un niveau intermédiaire à la faveur de la décision de la Banque centrale de relever le taux de la réserve obligatoire en vue de réduire l'excédent de liquidité bancaire et de maîtriser l'inflation.

Dans l'avenir, la BCT compte faire du "ciblage de l'inflation" son principal objectif et sa mission prioritaire. Il s'agit de se fixer, au début de chaque exercice, un objectif d'inflation et de tout faire pour ne pas le dépasser.



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