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Sénégal: Baïdy Agne 'il faut contrôler les Ong'


Wal Fadjri (Dakar)
 

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Wal Fadjri (Dakar)

9 Mai 2008
Publié sur le web le 9 Mai 2008

Ndakhté M. Gaye

Les propos du président du Cnp sur les Ong ne sont pas de nature à apaiser la tension née des sorties du président de la République. Dans l'entretien qu'il nous a accordé avant-hier, en marge de l'assemblée de son organisation, Baïdy Agne soutient que les Ong récoltent beaucoup d'argent qu'elles dépensent plus dans leur fonctionnement qu'au profit des populations.

Dans la même lancée, il marche sur les traces du chef de l'Etat en critiquant certaines institutions spécialisées de l'Onu comme la Fao qui a adopté, à son avis, la même démarche. Réélu à la tête du Cnp, Baïdy Agne n'a pas, non plus, omis l'aide publique au développement qu'il considère comme un échec. Par contre, il a salué la Goana qu'il considère comme une solution à la crise alimentaire. Revenant sur le terminal à conteneurs attribué à Dubaï Port World, le président du Cnp a réaffirmé la volonté du secteur privé national de participer à hauteur de 25 % sur cette concession.

Vous avez été réélu président du Cnp pour un mandat de trois ans. Qu'est-ce qui vous vaut cette confiance ?

Je suis toujours très redevable des membres du Cnp parce que quand nous sommes arrivés au renouvellement des instances de notre organisation, avant même que je ne présente ma candidature, les membres à l'unanimité m'ont désigné pour que je continue à présider aux destinées du Cnp. Je ne prends pas cet acte comme une formalité, cela traduit pour moi une confiance énorme.

Si je n'avais pas la confiance totale des membres du Cnp, je ne serais pas capable de faire ce que je fais. Pour savoir ce qui me vaut cette confiance, il faut poser la question aux autres acteurs. Cependant, je sais que j'ai un sens élevé de la responsabilité. Si les confrères se disent à l'unanimité être satisfaits du travail que je fais pour eux, c'est un sacerdoce que d'être à leur service en retour, dans la défense des intérêts des employeurs et dans celle de l'amélioration du cadre de l'environnement des affaires.

Je suis totalement engagé, d'autant plus qu'à chaque fois que nous arrivons à des moments de renouvellement, j'entends à l'unanimité le témoignage des présidents d'associations de base de tous les secteurs d'activité économique. Pourtant, autant de gens sont capables d'être président de cette organisation. Je remercie donc l'ensemble des membres du Cnp pour cette marque de confiance.

Sous quel signe allez-vous placer votre nouveau mandat durant les trois années à venir ?

Sous le signe de la continuité. Les dossiers sont les mêmes. C'est la question de l'entreprise par rapport à un environ toujours changeant. Nous continuons à promouvoir l'amélioration de l'environnement des affaires, à promouvoir l'entrepreneur, je veux dire lui permettre de développer la création de valeur ajoutée permanente, de développer l'emploi même si ce n'est pas l'objectif premier d'une entreprise.

Seulement, de par notre responsabilité sociale, nous devons faire en sorte que les entreprises soient dans des positions plus intéressantes de promotion de l'emploi dans le pays, de créer beaucoup plus de richesses. D'ailleurs, dans notre organisation, on m'avait chargé de faire de sorte que nous construisions un immeuble de l'entreprise. Mais ça, c'est une question matérielle qui est en train d'être réglée.

Le terrain est octroyé. Le bail est signé. La société est créée et les entreprises sont prêtes à prendre des participations. D'une façon plus globale, au-delà de ces questions de logistique, c'est en fait le renforcement de toutes les capacités de ce secteur privé en vue de leur permettre d'accéder à plus de valeur, à plus de création de richesses.

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Quel est l'intérêt de cet immeuble de l'entreprise ?

Baïdy Agne : C'est simplement un symbole. A l'image de l'édifice de la Chambre de commerce de Dakar, nous devons avoir un patrimoine qui nous lie davantage. Mais le plus important, c'est de promouvoir le secteur privé national et l'entreprise pour que nous puissions prendre totalement en charge le développement économique et social de notre pays.

J'ai l'habitude de dire que nous sommes les stabilisateurs sociaux parce que c'est nous qui distribuons beaucoup de richesses, c'est nous qui apaisons les tensions sociales dans les entreprises, parfois même nous faisons ce que nous ne pouvons pas faire. Tout cela dans un souci d'un acteur responsable. Je ne me lasserai jamais de demander aux pouvoirs publics d'appuyer leur propre secteur privé national parce que c'est un gage de notre souveraineté économique. Il faut, quelles que soient nos faiblesses, soutenir ce secteur privé pour qu'il puisse se développer davantage.

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