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Sénégal: Chasse à la baleine - Le gouvernement du Sénégal ne l'interdira pas


Wal Fadjri (Dakar)
 

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Wal Fadjri (Dakar)

9 Mai 2008
Publié sur le web le 9 Mai 2008

Issa Niang

Le ministre d'Etat, ministre de l'Economie maritime, Souleymane Ndéné Ndiaye, a été formel hier : le gouvernement du Sénégal n'interdira pas la pêche à la baleine dans ses eaux. Autant dire que les navires japonais vont pouvoir y poursuivre leur massacre en toute impunité.

Le gouvernement du Sénégal va adopter une approche systémique dans la conservation des ressources baleinières, sans en interdire la chasse. La révélation est du ministre d'Etat, ministre de l'Economie maritime, des Pêches et de la Pisciculture, Souleymane Ndéné Ndiaye, qui présidait hier un atelier conjoint sur les 'Interactions baleines et poissons : les grands cétacés sont-ils une menace pour la pêche ?'.

Cette position du gouvernement sénégalais n'interdisant la pêche à la baleine va à l'encontre des positions des parlementaires sénégalais qui, au niveau de la Commission environnement de l'Assemblée nationale, militent pour une ratification de la convention pour la préservation de ces mammifères marins.

Pourtant, le Sénégal est le premier pays de la sous-région ouest-africaine et le troisième du continent africain à avoir ratifié la convention sur la Commission baleinière internationale, et ce depuis 1982. Mais depuis 2000, la pêche à la baleine est autorisée dans les eaux du Sénégal. N'ayant pas une culture de chasse de ces gros mammifères marins, ce sont les navires japonais, à l'issue d'accords de pêche signés avec l'Etat, qui se chargent d'exploiter ces espèces.

Cette rencontre scientifique de Dakar organisée par le Wwf Wamer en collaboration avec Lenfest Ocean program a pour objectif de présenter les résultats préliminaires sur une étude menée au niveau des eaux africaines. Le débat s'articule autour des grands crétacés. Il s'agit de voir s'ils constituent une menace pour la pêche ou pas. En effet, certains scientifiques estiment que le trop plein d'espèces comme les baleines constitue une menace pour les pêcheries.

D'autres, par contre, soutiennent que les baleines participent à l'équilibre de l'écosystème marin. D'où la nécessité de les préserver. La controverse sur la consommation de poissons par les baleines a pris une certaine ampleur. Un débat scientifique que le ministre de l'Economie maritime n'a nullement 'la prétention de trancher'. Mais, souligne Souleymane Ndéné Ndiaye, 'c'est uniquement en s'appuyant sur les résultats de la recherche qu'on peut prendre des décisions'. Aussi attend-il les conclusions de l'étude pour pouvoir prendre les mesures qui s'imposent.

Selon le Wwf, pour comprendre l'impact des baleines sur les pêcheries, il est nécessaire d'analyser la situation dans un contexte écosystémique permettant de considérer les interactions complexes directes et indirectes à partir desquelles les deux groupes sont susceptibles d'avoir une influence l'un sur l'autre.

Parlant au nom du Docteur Papa Samba Diouf, coordonnateur du Wwf, le Docteur Arona Soumaré, directeur de la Conservation de l'organisme pour la préservation des ressources, estime que notre éco-région aurait beaucoup à gagner en protégeant ses ressources baleinières, cherchant ainsi à profiter de la coopération scientifique, technique et touristique liée à l'exploitation non-létale des populations de baleines.

D'après lui, l'adoption du moratoire sur la chasse commerciale à la baleine en 1982, a constitué une étape importante dans la gestion responsable et durable des ressources baleinières en particulier et des ressources marines vivantes en général.

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Le chargé de programme Espèces et habitat du Wwf, le Docteur Mamadou Diallo, a abondé dans le même sens. Pour lui, il y a lieu de préserver les baleines qui sont des espèces de plus en plus menacées. Il saluera par la même occasion l'ouverture d'esprit des autorités à vouloir accompagner ces programmes de préservation des espèces.

De son côté, le ministre d'Etat, ministre de l'Economie maritime, rappellera que la surexploitation, la capacité de capture excédentaire, la dégradation des écosystèmes et des habités, la collusion avec les bateaux, les changements climatiques, la pollution chimique et sonore sont entre autres les difficultés auxquelles fait face la pêche en Afrique.

Pourtant, dira-t-il, en Afrique, la pêche a créé 7 millions d'emplois indirects et directs, dont 600 000 au Sénégal, occupe 25 à 30 % des revenus à l'exportation et 50 % des apports en protéines animales de la population locale et 450 000 tonnes de mise à terre.



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