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Ile Maurice: Les limites du petit entrepreneur Mauricien


L'Express (Port Louis)
 

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L'Express (Port Louis)

9 Mai 2008
Publié sur le web le 9 Mai 2008

Gilles Ribouet
Port Louis

Ils sont nombreux ces petits entrepreneurs à avoir porté leur projet d'entreprise. Il faut toutefois reconnaître qu'il existe des limites à l'entrepreneuriat mauricien. Et cela ne relèverait pas nécessairement de questions financières.

Georges Chung Tick Kan, Jean Claude de l'Estrac et Tim Taylor ont analysé les forces et les faiblesses de l'entrepreneuriat mauricien pour une vingtaine d'entrepreneurs mauriciens lors d'une recontre organisée par «The Indus Entrepreneurs» et la banque Barclays.

Voyage dans le monde des entrepreneurs mauriciens. Avec constat de la situation actuelle et mise en perspective. C'est à cela que The Indus Entrepreneurs (TIE), soutenu par la Barclays Bank, a convié une vingtaine d'entrepreneurs mauriciens mercredi dernier à l'occasion de la Semaine de l'entrepreneuriat. Cheval de bataille du gouvernement, l'entrepreneuriat est l'une des clés de la réussite économique de l'individu et plus largement d'un pays qui veut donner un troisième souffle à son développement économique.

Contrairement à ce qu'on serait tenté de croire, l'entrepreneuriat à Maurice n'est pas si enraciné. L'entrepreneur est celui qui porte un projet d'entreprise et surtout qui jouit de trois atouts fondamentaux, «la créativité, l'imagination et le goût du risque, un risque calculé», fait ressortir le président de l'Empowerment Programme, Jean-Claude de l'Estrac.

Pour l'économiste et entrepreneur, Georges Chung, autre intervenant de la rencontre, «c'est la profession la plus excitante». Parce qu'il s'agit, avant toute chose, d'un défi à relever. Une gageure même. Mais réussir dans un secteur d'activité en trouvant la niche, le produit et l'originalité n'est pas une mince affaire. C'est que les Mauriciens partent avec des handicaps.

Le premier handicap donc est l'éducation. Le système éducatif mauricien dans son ensemble en vérité. Principale faiblesse d'un pays qui souhaite stimuler l'entrepreneuriat, le système éducatif «tue l'imagination, la curiosité et la créativité de nos enfants», déclare Jean-Claude de l'Estrac.

Chiffres à l'appui, il stigmatise «l'échec et l'archaïsme du système éducatif» qui laisse 35 % des enfants sur le carreau au sortir du Certificate of Primary Education (CPE). De ceux qui entrent au collège, 55 % terminent le cycle secondaire et seuls 16 % accéderont à l'éducation supérieure. «Moins que le Sri Lanka et loin derrière les pays développés», note le président de l'Empowerment Programme.

L'accès aux finances n'est donc pas le problème fondamental. Pourtant, les autorités n'ont eu de cesse, afin de galvaniser la fibre entrepreneuriale, de proposer une pléthore de programmes pour faciliter l'accès au crédit (voir hors-texte). La question du financement ne serait donc valable que si le problème de la faillite de l'éducation mauricienne est pris à bras le corps. C'est une culture de la sécurité, loin du goût du risque, d'entreprendre, qui s'indure dans l'esprit des potentiels entrepreneurs. Ahmed Parkar, directeur de Star Knitwear, pense que c'est aussi «à la société de changer d'attitude. Il y a un pessimisme ambiant qui ne donne pas confiance aux potentiels entrepreneurs».

Dans le même ordre d'idées, la culture entrepreneuriale fait défaut à Maurice, estime Arif Currimjee, ancien président du Joint Economic Council. Prenant l'exemple d'une question du World Economic Survey pour Maurice (si votre entreprise n'a pas fonctionné : est-ce un échec ou une expérience ?), Arif Currimjee pense que la majorité des Mauriciens pencheront pour la première proposition, un échec. Or, la culture entrepreneuriale n'est réelle que si on parle d'expérience.

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Si pour Jean-Claude de l'Estrac, c'est à l'entrepreneur de créer ses opportunités, Georges Chung estime que le gouvernement à un rôle à jouer dans ce sens. C'est pourquoi selon lui, l'entrepreneur ne doit pas nécessairement chercher une niche spécifique au départ. Il doit d'abord avoir une vision juste et globale du secteur visé.

L'objectif doit être, selon l'économiste, de proposer un produit qui vise l'excellence et appelle le marché. Créer la demande ou anticiper en somme. Georges Chung estime nécessaire «d'investir Rs 50 milliards dans les infrastructures afin de stimuler la croissance». Les infrastructures - routes, port et aéroport - sont l'une des limites à la vitalité de l'entrepreneuriat.

«La question du financement ne serait donc valable que si le problème de la faillite de l'éducation mauricienne est pris à bras le corps. C'est une culture de la sécurité, loin du goût du risque, qui s'indure dans l'esprit des potentiels entrepreneurs.»

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