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Sénégal: Boniface Ndong, international de basket
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Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)
INTERVIEW
9 Mai 2008
Publié sur le web le 9 Mai 2008
Meilleur joueur du championnat d'Afrique de basket en 2005 en Algérie, Boniface Ndong s'est ensuite relancé en Espagne où avec Malaga, il a joué cette saison l'Euroligue. Malgré une blessure qui l'avait éloigné de l'équipe nationale, Boniface Ndong continue de suivre l'actualité des Lions. Il analyse la situation après la débâcle de l'équipe nationale en Angola et aborde quelques autres questions.
Est-ce que Boniface suit l'actualité du basket sénégalais ?
Oui je suis ce qui se passe à travers les sites spécialisés. Cela me permet de savoir ce que font les Sénégalais de l'étranger et d'avoir une idée de ce qui se passe au niveau du championnat. J'ai connaissance de tous les problèmes qui s'y passent. Et je trouve que c'est dommage que le basket sénégalais au niveau des équipes nationales n'ait pas fait de bonds en avant et recule plutôt. Vu le potentiel que le Sénégal a, le problème est d'ordre organisationnel. C'est à ce niveau que ça pêche, en plus des difficultés qu'il y a eu avec l'ancien ministre des Sports Daouda Faye qui n'a pas facilité la tache à la fédération.
Qu'est-ce qui explique la défection de Boniface Ndong lors du dernier championnat d'Afrique ?
Vous savez, au Sénégal il y a toujours des spéculations, et les gens aiment ça. Il y a deux ans, je me suis fait opérer avant le championnat du monde et c'était la même chose. Les spéculations allaient bon train et d'aucuns juraient la main sur le coeur que je n'avais pas subi d'opération. La vérité, c'est que pour le dernier championnat d'Afrique, si je ne suis pas venu défendre les couleurs de mon pays, c'est que j'avais un problème au genou.
Avant d'aller jouer l'année dernière en Russie, je m'étais fait opérer mais je n'avais pas eu le temps de subir la rééducation comme il fallait, parce que j'avais des obligations professionnelles que je devais honorer. Je n'avais pas terminé la rééducation et il était prévu que je retourne aux Etats-Unis l'été dernier pour continuer mon traitement.
C'est la seule raison pour laquelle je n'ai pas pu venir cet été et j'en ai parlé avec les responsables de l'équipe comme Gallo qui l'avaient bien compris ainsi qu'avec certains joueurs comme Mactar Ndiaye, Malèye Ndoye...maintenant je ne peux pas empêcher les gens qui n'avaient aucun contact avec moi, qui ne m'ont pas parlé de faire des supputations.
Qu'est-ce que cela t'a fait de voir le Sénégal qui était deuxième en Algérie terminer 9e en Angola, alors que les observateurs les plus pessimistes le voyait au moins en finale ?
C'était un grand choc pour moi qui ai suivi tous les matchs de l'équipe nationale à la télé. J'étais très déçu parce que c'est quelque chose qui ne devait jamais nous arriver, mais ce n'est pas surprenant vu qu'au Sénégal on ne se donne jamais les moyens de bien nous préparer pour ces genres d'échéances. C'est toujours les mêmes problèmes d'organisation qui produisent les mêmes effets, ce qui fait qu'il est difficile d'avoir l'esprit de groupe et l'état de forme idoine pour bien se comporter en championnat d'Afrique.
En plus, l'absence de l'entraîneur qui n'a pas lui aussi bénéficié de conditions de travail a été la goutte d'eau de trop. Je crois que dans les conditions très mauvaises de préparation, c'était rêver que de parler de finale. Mais il n'empêche que je voyais l'équipe du Sénégal au moins en quart ou demi-finale. La leçon à en tirer est qu'il faut que les gens sachent que pour pouvoir gagner au championnat d'Afrique, il faut mettre en place une très bonne organisation pour se donner les moyens de réussir.
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Les Angolais ne sont pas plus forts que les autres sauf sur le plan de l'organisation et de la préparation. Il faut que les gens comprennent qu'il ne s'agit pas de nommer Gallo comme manager de l'équipe pour qu'on gagne, si en retour on ne lui donne pas les moyens de bien faire une planification et qu'on respecte le minimum de délais que l'on s'impose dans notre plan.
Le Sénégal a pourtant de grands joueurs, a choisi un manager général, a déroulé un plan de préparation. Au finish il a terminé neuvième, comment analyses-tu cette contre-performance ?
La première raison c'est que la Fédération sénégalaise n'est pas indépendante financièrement parlant. C'est le principal problème. D'après l'expérience que j'ai eue, il y a toujours des problèmes de mise en place du budget parce que l'équipe nationale dépend du ministère des Sports. Ou bien les gens font des plans de préparation que le ministère trouve trop cher, ou bien le ministère accepte le plan que la fédération propose, mais ne fait pas les décaissements à temps.
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