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Cameroun: Haltérophilie - A la recherche des tickets pour les J.O.
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Le Quotidien Mutations (Yaoundé)
9 Mai 2008
Publié sur le web le 9 Mai 2008
Priscille G. Moadougou Avec Ariane Julie Nkoma (stagiaire)
Les athlètes devront s'illustrer pendant les championnats d'Afrique qui démarrent demain en Afrique du sud.
Environnement insalubre, installations sans plafond, promiscuité renversante, c'est ici, non loin du lieu dit Texaco Omnisport Ecole des Polices, au Club Dalton, qu'une vingtaine d'haltérophiles ont effectué le stage préparatoire aux championnats d'Afrique de la discipline, qui se dérouleront du 10 au 17 mai 2008 à Johannesburg en Afrique du Sud. "Nous avons travaillé dans de conditions très rudes, à cause du manque de salle", indique Hélène Miyenga, 63 kg, du club Bulgare. Joseph Belinga Ekani du club Dalton est plus précis, puisqu'il soutient que : "les entraînements se sont passés dans de mauvaises conditions à cause de l'état du plateau. Quand il pleuvait, il n'y avait pas moyen de s'entraîner, parce que nous évoluions dans un endroit peu orthodoxe".
Malgré ce décor peu propice à la concentration, les haltérophiles camerounais ont effectué des séances d'entraînements deux fois par jour. "Certes, nous avons des problèmes de matériel et d'infrastructures. Ceux-ci ne devraient pas constituer un frein pour les athlètes qui peuvent réaliser des bonnes performances. Nous sommes donc à leurs côtés pour les encourager à donner le meilleur d'eux-mêmes", reconnaît Désiré Tsanga, l'entraîneur national d'haltérophilie.
Pendant le stage bloqué, l'accent a été mis sur : " l'acquisition de la force et sa conservation en réglant les problèmes de poids ", poursuit Désiré Tsanga. En effet, quelques athlètes ont pris des kilos. Il était donc question que ceux-ci retrouvent leur poids initial sans être affaiblis.
Quinze haltérophiles étaient en stage à Yaoundé et quatre autres à Douala. Quelques jours avant de quitter le Cameroun, les athlètes vivant dans la capitale économique ont rejoint ceux de Yaoundé. De ce groupe, l'encadrement technique a retenu pour l'expédition sud-africaine 6 messieurs et 7 dames. Cette dernière catégorie est une équipe complète, tandis que celle des messieurs le sera en Afrique du Sud, avec la présence des professionnels Bernardin Kingue Matam et Dany Kemajou, qui vivent en France.
Pour être parmi les 13 sélectionnés, chaque athlète a donné le meilleur de lui-même. La sélection était plus serrée chez les messieurs que chez les dames. Il fallait retenir 6 haltérophiles masculins sur les 12 appelés en stage bloqué, alors qu'il n'y avait que 8 féminins pour 7 places. Un casting d'autant plus rigoureux qu'il était question de se déplacer avec la sélection la plus compétitive qui soit. Au moment où nous mettions sous presse, l'entraîneur national n'a pas souhaité révéler l'identité des athlètes qui devront défendre les couleurs du Cameroun en république Sud-africaine. Toutefois, on note que les deux équipes se déplacent sans remplaçants. Ce qui pourrait constituer un handicap. Contrairement aux autres nations qui se déplacent toujours avec des sélections complètes comme le Nigeria, l'Egypte, la Libye, la Tunisie ou l'Afrique du Sud.
Jeux olympiques
En Afrique du Sud, confie Désiré Tsanga, le Cameroun a des chances de qualifier 3 athlètes dont 2 chez les messieurs et 1 chez les dames pour les jeux Olympiques de Beijing en Chine. Sur les 8 places dont l'Afrique dispose encore pour la participation à cette compétition : 5 messieurs et 3 dames. En réalité, parmi les sports individuels, l'haltérophilie a toujours constitué des chances de médailles pour le Cameroun lors des compétitions internationales. Même si, nombre des champions du Cameroun ont changé de nationalité en raison des mauvaises conditions d'encadrement et de travail. "Nous devons continuer à faire notre travail, à leur inculquer les bases de la discipline. Même s'ils partent, personne ne nous enlèvera la fierté d'avoir formé ces jeunes ", déclare le coach.
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En effet, trois athlètes attendent que la Fédération camerounaise d'haltérophilie signe leur libération, afin qu'ils puissent entreprendre des démarches de naturalisation australienne. Lors des derniers Jeux du Commonwealth à Melbourne (Australie), Daniel Koum Koum, François Etoundi et Simplice Ribouem avaient pris la poudre d'escampette au moment où la délégation camerounaise s'apprêtait à regagner le Cameroun. On ne reparlera pas de Venceslas Dabaya, qui est devenu champion du monde après avoir pris la nationalité française. Ou encore Madeleine Yamechi, Samson Ndicka Matam, Alphonse Matam Matam et David Mata Matam, qui ont également pris la nationalité française. Cette hémorragie sportive des haltérophiles chagrine le directeur technique national d'haltérophilie, David Matam. "Nous ne souhaitons pas que l'haltérophilie meurt au Cameroun. Personnellement, j'ai tout donné à cette discipline, ma vie et ma famille.
Mais, malgré tous les sacrifices consentis, cette discipline est toujours négligée. Pour préparer les championnats d'Afrique et les jeux Olympiques, l'Etat devrait mettre les athlètes dans de bonnes dispositions. Ce qui n'a pas été fait. A cette allure, les enfants que nous avons formés vont toujours changer de nationalité. A ce moment là, nous aurons l'impression d'avoir travaillé pour rien ", regrette-t-il.
Au lendemain de la signature des documents contractuels de la première phase du Programme national du développement des infrastructures sportives (Pndis) et à quelques mois de l'inauguration du palais des Sports de Yaoundé, on espère que les haltérophilies camerounais seront mieux lotis en terme d'infrastructures et de matériel.
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