El Hadji Massiga Faye
9 Mai 2008
La 8ème édition de la biennale de l'art contemporain africain (Dak'art) s'ouvre aujourd'hui (9 mai-9 juin) à 9h 30 au musée d'art africain Théodore Monod (Place Soweto) à Dakar. Le thème retenu est : « Afrique : miroir ? ».
Le jury du Dak'art 2008 est à pied d'oeuvre pour étudier les propositions artistiques « les plus méritantes » des 35 sélectionnés. La révélation a été faite jeudi au cours d'un point de presse par le commissaire général Maguèye Kassé.
Le comité international de sélection aura à charge de décerner aujourd'hui les principales distinctions notamment le prix Léopold Sédar Senghor et celui du ministère de la Culture, du Patrimoine historique classé, des langues nationales et de la francophonie. « Notre volonté c'est de donner des prix de haute facture », souligne le Commissaire général.
Evoquant la disponibilité des oeuvres des artistes sélectionnés, le secrétaire général de la biennale, Ousseynou Wade, assure : « Toutes les oeuvres à l'exception de celle d'un artiste américain sont à Dakar. L'atmosphère est détendue et nous travaillons dans de bonnes conditions avec les institutions partenaires. Et le jury aura toute la latitude pour juger de la qualité des oeuvres retenues ». Revenant sur le thème de cette 8ème édition, « Afrique : miroir ? », Maguèye Kassé explique la métaphore : « Le miroir apparaît comme un prétexte intéressant pour poser l'image réfléchie comme moyen et source d'interrogation sur soi et l'autre, sur ce qui fonde son existence, son environnement d'une part. D'autre part, l'image réfléchie et maîtrisée, n'invite plus uniquement à une contemplation de soi, mais induit un processus de transformation relativement à l'environnement du sujet, ce qui est le propre de l'art ».
En termes plus prosaïques, la capacité de transformer le brut en beau.
Dans cette dynamique, « la production artistique africaine doit s'ouvrir davantage en affirmant une certaine spécificité qui en fait son identité et tendre vers cette dimension de l'art comme médium de communicabilité universelle », suggère le commissaire général. Eu égards à ces considérations, « on comprend mieux pourquoi l'Afrique et ses arts contemporains ne peuvent plus se suffire de déconstruire des images et des discours produits sur leurs identités », observe-t-il.
Va-t-on assister à une biennale de continuité ou une nouvelle biennale, toujours est-il que « Dak'art 2008 a décidé de s'interroger au reflet de son miroir, non pas comme dans le conte, pour s'entendre dire qu'elle est la plus belle, mais pour analyser et essayer de comprendre les projections réelles ou fantasmées que véhicule l'Afrique contemporaine dans sa création artistique », remarque pour sa part le président du comité d'orientation de Dak'art 2008, Gérard Senac. Dores et déjà, à l'heure où s'ouvre cette 8ème édition, les organisateurs se mettent dans la perspective de la 9ème édition prévue en 2010 et qui va correspondre avec les cinquante ans d'indépendance pour la plupart des pays africains. « S'agira-t-il en ce moment de faire le bilan de nos réussites et de nos échecs, s'interroge Ousseynou Wade. 2010 sera-t-il l'occasion d'évaluer avec lucidité et responsabilité le niveau de réalisation de nos promesses ? »
Même si la biennale de l'art africain contemporain n'a pas encore 50 ans, « elle nourrit l'ambition d'une pérennité assurée au service de la promotion des artistes et de la préservation de la diversité des expressions artistiques », soutient le secrétaire général du Dak'art. Un mois durant -jusqu'au 9 juin 2008, les passionnés d'art pourront découvrir ce qui se fait de « mieux » en matière de création contemporaine.
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