Mamadou Lamine Diatta
9 Mai 2008
Sur initative du Lenfest Ocean Program de Washington et du Wwf (Fonds mondial pour la nature), un atelier international se tient à Dakar pour répondre à une question : les grands cétacés comme la baleine sont-ils une menace pour la pêche ? Le gouvernement du Sénégal attend avec intérêt les conclusions de la rencontre, à en croire le ministre d'Etat, ministre de l'Economie maritime, des Pêches et de la Pisciculture.
Il y a une polémique entre chercheurs portant sur les possibles interactions entre les baleines et les poissons. Selon de récentes études, les baleines seraient responsables de la chute des stocks de poissons et leurs populations devraient être contrôlées par des abattages. Pour le ministre d'Etat, ministre de l'Economie maritime, des Pêches et de la Pisciculture, Souleymane Ndéné Ndiaye, la recherche et la science doivent justement nous orienter et nous éclairer pour une bonne prise de décisions politiques.
En tous les cas, ajoute t-il, le Sénégal est le premier pays de la sous-région à adhérer à la commission baleinière internationale et notre pays a adopté le moratoire sur la chasse baleinière. Pour sa part, l'expert Arona Soumaré, directeur de la conservation au Fonds mondial pour la nature (Wwf), la question est de savoir si l'abattage délibéré des grands cétacés apporterait une réponse appropriée et juste à la surpêche des ressources marines vivantes, à court, moyen et long terme.
On peut aussi, renchérit-il, se poser la question de savoir s'il est concevable que l'abattage des grands cétacés soit un garant de la durabilité de la pêche artisanale et de la pêche commerciale. Pour répondre à ces interrogations, l'éclairage de ces experts qui se réunissent encore à Dakar ne sera sûrement pas de trop. Mais, les techniciens sont unanimes à reconnaître que notre écorégion aurait beaucoup à gagner en protégeant ses ressources baleinières, cherchant ainsi à profiter de la coopération scientifique, technique et touristique liée à l'exploitation non-létale des populations de baleines.
La raréfaction des ressources due à une surexploitation préoccupe beaucoup les acteurs de la pêche en raison surtout de la dégradation avancée des écosystèmes et habitats marins. Pourtant, la pêche continue de compter pour 30% des recettes d'exportation du Sénégal et emploie quelque 600000 personnes pour des débarquements estimés à 450000 tonnes par an. La valeur commerciale étant évaluée à 300 milliards de FCfa.
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