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Sénégal: Athlétisme - Ndiss Kaba Badji, champion d'Afrique et recordman national du triple saut, « si l'Etat met les moyens... »
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Le Soleil (Dakar)
INTERVIEW
9 Mai 2008
Publié sur le web le 9 Mai 2008
Ansoumana Sambou
Seul médaillé d'or sénégalais, Ndiss Kaba Badji a non seulement sauvé l'honneur de son pays lors des récents championnats d'Afrique d'athlétisme, 16e édition du genre, à Addis-Abeba en Ethiopie, mais a par la même occasion effacé avec ses 17,07 mètres le record national. En attendant celui d'Afrique, mais pour le réussir, il invite l'Etat à mieux assister la Fédération d'athlétisme pour rivaliser avec les autres nations.
Au regard de votre préparation à ces 16e championnats d'Afrique des Nations d'athlétisme d'Addis-Abeba, attendiez-vous à cette performance ... ?
Je peux dire oui parce que durant toute la saison je me suis bien préparé. Dans l'ensemble on s'est bien entraîné. Chaque mois, on faisait des tests d'évaluation, et techniquement et physiquement je me sentais bien. Donc, partant de ce constat, j'avais comme ambition de remporter la médaille d'or à Addis-Abeba et Dieu merci, mes efforts ont été récompensés.
Vous avez justement réussi un bond de 17,07 mètres en finale dès votre premier essai au triple saut, effaçant du coup le record national, est-ce que vos performances lors de votre préparation tournaient autour de cette distance ?
Durant toute ma préparation, je tournais aux alentours de cette performance de 17 mètres. A deux semaines de la compétition, je savais que mon niveau était autour de cette marque. C'est pourquoi, durant toute la compétition j'étais serein. Et voilà le résultat. En fait, mon coach voulait que je batte le record d'Afrique parce que, pour lui, j'avais la possibilité de le faire, moi aussi j'avais la même conviction. C'est dire que, certes, l'objectif de remporter la médaille était mon premier défi, mais battre le record africain était aussi parmi mes ambitions. Je ne l'ai pas réussi, ce sera peut-être pour la prochaine fois.
Justement, on ne peut pas parler de Ndiss Kaba Badji sans se rappeler de votre sanction en 2005 pour cause de dopage. Aujourd'hui, avec cette performance, peut-on dire que vous avez effacé cette page noire de votre carrière ?
Je ne sais pas. Moi personnellement, j'ai tourné cette page depuis presque deux ans. C'est quelque chose qui devait arriver et c'est arrivé. Je l'ai vécue, c'est vrai avec beaucoup de peine, cette sanction, mais, c'est du passé. Maintenant, je préfère me concentrer sur le présent et l'avenir. Et c'est ce qui m'a permis peut-être de revenir à mon meilleur niveau pour remporter la médaille d'or à Addis-Abeba. En tout cas, je suis très content d'avoir réalisé les 17 mètres parce que la dernière fois que j'ai réalisé 15,15 mètres, c'était en 2005. Après, on a effacé cette performance pour cette histoire de dopage et je suis revenu encore sur les 17 mètres. Cela prouve que je reviens à mon meilleur niveau. C'est en tout cas le côté positif que je tire de cette performance. Maintenant, mon objectif c'est de l'améliorer encore.
De façon plus générale, comparé à certaines disciplines comme le football, pensez-vous que l'athlétisme bénéficie d'un bon soutien des autorités pour réaliser des performances ?
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Non, je ne le pense pas dans la mesure où la fédération sénégalaise d'athlétisme n'a pas les mêmes moyens que le football. Je pense que si l'Etat met les moyens qu'il faut à la disposition de l'athlétisme, on peut rivaliser avec n'importe quel autre pays du monde. On ne demande que des moyens conséquents pour réaliser des performances même au niveau mondial. Et ce n'est pas spécifique au Sénégal. C'est quasi général en Afrique. Si les autorités n'aident pas les fédérations ce sera toujours très difficile pour les athlètes africains sur la scène mondiale. Nous ferons toujours de la figuration puisque nous ne pourrons jamais rivaliser avec les athlètes des autres pays du monde. Il faut donc beaucoup investir pour espérer tenir devant les autres.
Ce constat est plus remarquable au Sénégal où, malgré la présence de Lamine Diack à présidence de l'IAAF, seulement deux terrains, Léopold Sédar Senghor et Iba Diop, disposent de piste d'athlétisme...
Je ne sais pas. C'est peut-être un problème politique qui me dépasse. Mais, je pense que le gouvernement peut, peut-être, solliciter le concours de l'IAAF pour équiper les terrains régionaux de tartan afin de mieux développer l'athlétisme à l'intérieur du pays.
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